Le conflit au Moyen-Orient impacte les performances du géant du luxe LVMH
La guerre au Moyen-Orient ne fait décidément pas les affaires de LVMH. Le groupe dirigé par Bernard Arnault a dévoilé, ce lundi, des résultats en net retrait pour le premier trimestre de l'année, directement affectés par un environnement géopolitique dégradé. Entre janvier et fin mars, le leader mondial du luxe a réalisé un chiffre d'affaires de 19,1 milliards d'euros, en baisse significative de 6% par rapport à la même période l'an dernier. Ce niveau se révèle inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur environ 19,3 milliards d'euros.
Une croissance organique limitée à 1%
À données comparables, la croissance organique du groupe ressort à seulement 1%. Le conflit au Moyen-Orient a directement amputé la progression d'environ un point de pourcentage, tandis que l'euro fort a également pesé sur les performances globales. Dans un contexte géopolitique et économique particulièrement perturbé par le conflit au Moyen-Orient, LVMH reste vigilant mais confiant en ce début d'année, a indiqué le groupe dans son communiqué. L'entreprise mise notamment sur un retour en magasin des clients ayant différé leurs achats en raison des tensions internationales.
Le Moyen-Orient, qui représente environ 6% de l'activité totale de LVMH, a vu ses ventes reculer de 3% sur le seul mois de mars. L'impact de cette baisse reste encore difficile à anticiper pour l'ensemble de l'exercice 2026, reconnaît la direction. Cette région stratégique pour le luxe continue de susciter des inquiétudes quant à sa stabilité économique.
Toutes les divisions du groupe sont touchées
La division mode et maroquinerie, qui regroupe notamment les prestigieuses marques Louis Vuitton, Dior, Celine et Fendi, reste la plus exposée aux fluctuations géopolitiques. Elle affiche un chiffre d'affaires de 9,2 milliards d'euros, en baisse de 9% en données publiées et de 2% en organique. Néanmoins, cette évolution se révèle légèrement meilleure qu'au dernier trimestre 2025, marquant une relative résilience. Le groupe souligne également le succès des premiers produits de Jonathan Anderson chez Dior ainsi qu'une excellente performance de Loro Piana, qui contribue à atténuer les effets du ralentissement.
Des dynamiques contrastées selon les secteurs
Les autres activités de LVMH présentent des trajectoires variées :
- Les vins et spiritueux limitent leur recul à 2% en données publiées mais progressent de 5% en organique, atteignant près de 1,3 milliard d'euros. Ce secteur bénéficie d'un effet de calendrier lié au Nouvel An chinois, qui a stimulé les ventes.
- La distribution sélective recule de 3% à 4 milliards d'euros, tout en affichant une croissance de 4% à données comparables. Cette performance est portée par une croissance solide de Sephora et des gains de parts de marché, malgré un contexte marqué par le ralentissement en Chine.
Le groupe note par ailleurs des tendances positives aux États-Unis, qui compensent partiellement les difficultés rencontrées dans d'autres régions. LVMH maintient sa stratégie de diversification et d'innovation pour naviguer dans ce paysage économique incertain, tout en surveillant de près l'évolution de la situation au Moyen-Orient, dont les répercussions pourraient se prolonger sur les trimestres à venir.



