Kering plonge dans le rouge : une année 2025 catastrophique pour le géant du luxe
Le groupe français de luxe Kering, propriétaire de marques emblématiques comme Gucci, Yves Saint Laurent et Balenciaga, a dévoilé ce mardi 10 février des résultats financiers alarmants pour l'année 2025. Sous la direction de son nouveau directeur général, Luca de Meo, en poste depuis septembre, l'entreprise fait face à une restructuration profonde, mais les chiffres révèlent une situation critique. Les ventes ont reculé de 13% par rapport à l'année précédente, tandis que le bénéfice net s'est effondré de 93,6%, passant à seulement 72 millions d'euros.
Une performance qui ne reflète pas le potentiel du groupe
Dans un communiqué, Luca de Meo a reconnu la gravité de la situation, tout en affirmant que « la performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel ». Le PDG, ancien dirigeant de Renault, a annoncé qu'il présenterait une feuille de route détaillée le 16 avril lors du Capital Markets Day. Ce plan visera à relancer la croissance grâce à des stratégies de marques précisément définies, une organisation plus efficiente et une discipline financière rigoureuse. La marge opérationnelle courante a chuté à 11,1% en 2025, contre 14,9% l'année précédente, soulignant les défis opérationnels auxquels Kering est confronté.
Gucci, le talon d'Achille du groupe
La marque phare Gucci, qui représente traditionnellement environ 41% des ventes annuelles et plus de 60% de la rentabilité opérationnelle, est au cœur des difficultés. Ses ventes ont chuté de 22% en 2025, s'établissant à 6 milliards d'euros, soit une division par deux depuis 2022 où elles dépassaient les 10 milliards d'euros. Malgré une « amélioration séquentielle » sur les derniers trimestres, portée par le succès des nouveautés et une performance positive sur les sacs à main selon la directrice financière Armelle Poulou, la marque peine à se redresser. Luca de Meo a déjà procédé à des changements de direction, nommant Francesca Bellettini à la tête de Gucci et intégrant le styliste Demna pour la direction créative.
Restructuration et désendettement en cours
Pour faire face à cette crise, Kering a entrepris plusieurs mesures de restructuration. La vente de sa division beauté à L'Oréal, finalisée au premier semestre 2026 pour 4 milliards d'euros, a permis de réduire la dette financière du groupe, qui s'élevait à 9,5 milliards d'euros au premier semestre 2025. De plus, le groupe cède des actifs immobiliers, comme l'immeuble de la Ve Avenue à New York vendu 766 millions d'euros à Ardian. Ces actions visent à assainir les finances et à préparer le terrain pour une relance.
Les autres marques en première ligne
Pour diminuer sa dépendance excessive à Gucci, Kering compte sur ses autres marques. Yves Saint Laurent et Bottega Veneta sont identifiées comme des piliers potentiels de la croissance future. Bottega Veneta, en particulier, a montré une résilience remarquable avec des ventes stables à 1,7 milliard d'euros en 2025, contrairement à la tendance générale du groupe. En revanche, la marque McQueen, plus petite, lance un examen stratégique et envisage des suppressions de postes, tandis que Balenciaga reste dans le giron du groupe après la vente des licences beauté à L'Oréal.
Perspectives incertaines et attentes des marchés
Les analystes, comme ceux de la banque HSBC, avaient prévenu en octobre que « la reconquête de parts n'ira pas en ligne droite » et que peu d'effets étaient attendus avant la mi-février 2026. Avec un chiffre d'affaires trimestriel en retrait de 9% au quatrième trimestre 2024, à 3,9 milliards d'euros, et des ventes annuelles légèrement en dessous du consensus des analystes (14,67 milliards contre 14,8 milliards prévus par Bloomberg), la pression sur Luca de Meo est immense. Le bénéfice net de Kering a fondu de 3,6 milliards d'euros en 2022 à 72 millions d'euros en 2025, illustrant l'ampleur du défi à relever.
En conclusion, Kering traverse une période de turbulence majeure, avec des résultats 2025 qui soulignent l'urgence d'un redressement. Les yeux sont désormais tournés vers le plan de Luca de Meo, attendu en avril, qui devra concilier innovation, efficacité et discipline financière pour restaurer la confiance des investisseurs et la croissance du géant du luxe.