JOTT sauvée par Amoniss : le tribunal de Marseille valide la reprise de la marque de doudounes
L'entreprise marseillaise de doudounes JOTT, en redressement judiciaire depuis décembre dernier, va être reprise par le fonds d'investissement Amoniss. Cette décision a été validée ce lundi par le tribunal des affaires économiques de Marseille, mettant fin à plusieurs mois d'incertitude quant à l'avenir de la marque phocéenne.
Une offre supérieure qui préserve l'emploi et le réseau
Le groupe Amoniss, propriétaire des marques Chevignon, Lee Cooper et Pimkie, a présenté l'offre la plus élevée à 3,5 millions d'euros, selon une source proche du dossier. Son projet s'engage à conserver 70% des effectifs et 27 magasins sur les 40 que compte actuellement JOTT en France.
La direction de JOTT a salué dans un communiqué le choix du tribunal, soulignant qu'Amoniss apporte "une équipe dirigeante expérimentée sur le marché français de la mode, disposant déjà de ses propres circuits d'approvisionnement et reconnue pour son expertise en retournement d'entreprises".
Une marque emblématique confrontée à la crise du prêt-à-porter
Fondée en 2010 sous le nom "Just over the top", JOTT s'est fait connaître par ses doudounes colorées et son siège marseillais. L'entreprise, qui proposait également une gamme de vêtements complémentaire, employait 254 personnes en France en 2025 pour un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros.
Comme de nombreuses marques du prêt-à-porter français, JOTT n'a pas été épargnée par la grave crise sectorielle des dernières années, plombée notamment par la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère venue d'Asie.
Deux autres offres rejetées, dont celle des salariés
Le tribunal avait examiné trois offres de reprise, dont celle finalement retenue d'Amoniss. Une proposition concurrente, baptisée "Projet Mars" et parrainée par un des fondateurs de la marque avec le soutien des salariés, fixait le prix de cession à 900 000 euros mais ne prévoyait de conserver que 34% des effectifs et 15 boutiques.
"La bonne nouvelle c'est que JOTT a un repreneur, JOTT va continuer à exister", a réagi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, syndicat régional des professionnels de la mode et de l'habillement. Il a souligné le caractère singulier de la marque : "JOTT n'est pas une marque comme les autres. C'est une réussite née à Marseille, avec un ADN fort, une histoire entrepreneuriale singulière et une place à part dans l'écosystème local."
Des défis persistent malgré la reprise
Si la survie de JOTT en France semble assurée, des incertitudes subsistent concernant sa filiale qui gère les boutiques des Pays-Bas et de la Belgique. Cette dernière fait actuellement l'objet d'une procédure d'aveu de faillite (liquidation) à Bruxelles.
Le redressement judiciaire de JOTT s'inscrit dans un contexte difficile pour le secteur du prêt-à-porter français, où plusieurs marques emblématiques ont disparu ces dernières années. La reprise par Amoniss offre cependant une perspective de pérennité pour cette entreprise marseillaise qui avait su se créer une identité forte dans le marché des doudounes.



