L'Observatoire français des conjonctures économiques tire la sonnette d'alarme
Les perspectives économiques des ménages français s'assombrissent significativement selon les dernières projections de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La combinaison d'un rebond de l'inflation et de la fin des dispositifs de soutien gouvernementaux crée un contexte particulièrement défavorable pour le pouvoir d'achat des Français.
Un contexte international tendu
Le rebond de l'inflation dans un contexte de guerre au Moyen-Orient pourrait peser lourdement sur le pouvoir d'achat des ménages. L'OFCE estime que cette année pourrait connaître la plus forte baisse du pouvoir d'achat depuis 2013, marquant un recul significatif après plusieurs années de fluctuations.
Ces projections macroéconomiques pour la France et l'international ont été présentées quelques heures seulement après l'annonce par le président américain Donald Trump d'une trêve de deux semaines dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran. Ce contexte géopolitique instable influence directement les prévisions économiques.
Des prévisions de croissance revues à la baisse
Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, a présenté un bilan contrasté de la situation économique française. « En 2025, malgré l'incertitude budgétaire, l'économie française a été plutôt résistante et la croissance française ne s'est pas effondrée », a-t-il résumé.
Cependant, les perspectives pour 2026 et 2027 apparaissent moins optimistes :
- La croissance du produit intérieur brut (PIB) français devrait atteindre 0,8 % en 2026
- Une légère amélioration à 1 % est attendue pour 2027
- La croissance serait amputée de 0,2 point de PIB en raison de la hausse des prix des hydrocarbures
- L'effort de consolidation budgétaire plomberait la croissance de 0,5 point de PIB supplémentaire
L'impact de l'instabilité politique
L'incertitude générée par l'instabilité politique depuis la dissolution de l'Assemblée nationale représenterait un coût supplémentaire de 0,2 point de PIB en 2026 selon les évaluations de l'OFCE. Malgré ces difficultés, le déficit public devrait continuer de se réduire progressivement, passant de 5,1 % en 2025 à 4,8 % en 2026.
Scénarios pessimistes et absence de filets de sécurité
Dans l'hypothèse d'une escalade du conflit en Iran accompagnée d'une hausse durable des prix des hydrocarbures, les prévisions deviendraient nettement plus sombres :
- La croissance tomberait à 0,4 % en 2026
- Une stagnation complète à 0 % serait attendue en 2027
« Ce scénario plus sombre signifierait qu'on a plus de croissance, voire un risque de récession qui est marqué », prévient Mathieu Plane avec une inquiétude palpable.
Le retour de l'inflation
L'inflation, qui avait fortement reflué ces dernières années, connaîtrait un rebond significatif en 2026. Cette remontée s'expliquerait principalement par la « hausse brutale » du prix des hydrocarbures. Les projections indiquent :
- Une inflation moyenne de 1,8 % sur l'année 2026 dans le scénario central
- Une possibilité d'atteindre 3,2 % dans un scénario plus pessimiste
Le pouvoir d'achat sous pression
Selon le scénario central des économistes de l'OFCE, le pouvoir d'achat connaîtrait un recul préoccupant en 2026 avec une contraction de -0,7 % par unité de consommation. Mathieu Plane souligne l'ampleur de cette baisse : « C'est le plus mauvais chiffre depuis 2013. Pas parce que le choc énergie est plus fort qu'en 2022, mais parce qu'il n'y a plus de dispositif de soutien, d'amortisseurs ».
Cette absence de filets de sécurité gouvernementaux rend les ménages particulièrement vulnérables aux fluctuations économiques. Malgré cet effet négatif sur le pouvoir d'achat, la consommation continuerait de progresser lentement, soutenue par une baisse modérée du taux d'épargne qui passerait de 17,9 % à 16,9 %.
Il est important de noter que ce taux d'épargne demeure toutefois très supérieur à la moyenne pré-pandémie de Covid-19, indiquant une prudence persistante des ménages français face à l'incertitude économique.



