Une trentaine de salariés en colère de Decathlon ont manifesté devant le magasin de La Garde, samedi matin, à l'appel du syndicat CFDT. Le parking était plein et les allées très fréquentées, peut-être un record de visites pour le complexe, jour de week-end et veille d'été. C'est justement ce jour qu'ils ont choisi pour exprimer leur mécontentement contre la direction du groupe, répondant à un appel national.
Informer les clients, pas bloquer le magasin
« On ne voulait pas bloquer le magasin mais informer les clients de la situation dans l'entreprise. Et l'écho a été bon. Les habitués de l'enseigne nous écoutent, comprennent et sont solidaires », explique Christophe Levier, délégué syndical CFDT et vendeur. Les grévistes ont distribué un tract aux visiteurs expliquant leur combat.
Des profits record, des miettes pour les employés
« Pour un vendeur moyen aujourd'hui, le salaire est de 1 950 euros bruts. C'est à peine plus que le Smic. On demande donc une revalorisation pour tous, sachant que Decathlon fait 920 millions de profits dont 454 sont reversés aux actionnaires. Pour les employés, à la fin, il reste les miettes », a déclaré Christophe Levier. Les grévistes ont dénoncé une entreprise qui refuse la rencontre avec les organisations syndicales et une absence de dialogue social.
Soutien des clients et valeurs en fumée
« C'est pourquoi, on sollicite aujourd'hui le soutien de nos clients pour le maintien de notre pouvoir d'achat », ajoute une salariée varoise. Le tract distribué indique : « Car Decathlon lâche littéralement ses salariés. Quand Decathlon engrange des bénéfices records, ses salariés s'appauvrissent et voient leurs conditions de travail se dégrader. » Il évoque aussi des « valeurs qui partent en fumée : responsabilité, générosité, authenticité, vitalité… »
Aucun incident, mobilisation aussi à Ollioules
La direction locale de la société n'a pas souhaité s'exprimer. Aucune entrave à l'accès au magasin ne s'est produite chez Decathlon La Garde. Même phénomène au Decathlon d'Ollioules, où aucun incident n'a été relevé et chacun a pu faire ses courses normalement. « On voulait juste alerter tout le monde sur notre situation », ajoute le délégué syndical. « Ici, on est 110 employés en CDI et il était important de tirer la sonnette d'alarme. »



