Un élu-entrepreneur en grève de la faim pour dénoncer l'hostilité de l'aéroport de Bergerac
Dans un geste de protestation radical, Denis Chapoul, maire de Saint-Mayme-de-Peyrerol en Dordogne et gérant de la société Air Charlie Delta, a entamé une grève de la faim samedi 11 avril. Cet entrepreneur, visiblement ému et déterminé, a laissé éclater sa colère lors de la première réunion du Conseil de l'agglomération du Grand Périgueux, dénonçant une situation qu'il qualifie d'injustice profonde.
Des années d'hostilité congénitale
Dans une prise de parole soigneusement préparée d'environ huit minutes, Denis Chapoul a expliqué comment, selon lui, la société gestionnaire de la plateforme EGC Aero fait tout ce qu'elle peut pour qu'il quitte l'aéroport. L'homme se dit confronté à une hostilité congénitale depuis plusieurs années, une opposition systématique qui a gravement nui à son activité.
Il raconte avoir été viré des hangars ouest en 2020, en pleine crise du Covid, lorsque le directeur de l'époque lui a annoncé une brutale hausse des loyers. J'ai été obligé de fermer mon entreprise à Bergerac en supprimant cinq emplois, a-t-il poursuivi, la voix chargée d'émotion. Cette activité d'atelier de réparation d'aéronefs a dû être déménagée à Marmande, dans le Lot-et-Garonne, sous le nom d'Air Craft Maintenance Management.
Un projet bloqué par des problèmes de sécurité
Malgré ce revers, Denis Chapoul reste propriétaire d'un autre hangar à l'est de la plateforme, où il souhaite développer son activité depuis 2020, et plus particulièrement depuis la revente de son entreprise marmandaise en septembre 2025. Je suis en discussion avec l'entreprise Act Aero Solutions, mais celle-ci a reçu une fin de non-recevoir de la part de la direction de l'aéroport alors qu'il n'y a plus grand-chose à faire pour que ce soit exploitable, a affirmé l'élu-entrepreneur lundi 13 avril.
Le problème principal réside dans la localisation de son parking privatif et de son hangar, qui jouxtent le parking aviation commerciale où stationnent les avions de ligne. Pour résoudre cette impasse, Denis Chapoul propose une solution simple : édifier un mur de séparation de 60 mètres avec des blocs de béton préfabriqués. Je demande seulement qu'ils acceptent de me laisser monter ce mur, précise-t-il, dénonçant le mépris de la société gestionnaire.
Une grève de la faim pour briser le silence
Face au silence des autorités, Denis Chapoul a décidé de passer à l'action en entamant sa grève de la faim. En décembre 2025, il avait déjà interpellé le Syndicat mixte air Dordogne (Smad), propriétaire de la plateforme, via le président du Département, Germinal Peiro. Quatre mois plus tard, son initiative n'avait reçu aucune réponse, le poussant à cette mesure extrême.
Lundi 13 avril, au deuxième jour de sa grève, il disait aller pas trop mal, mais sa détermination reste intacte. De son côté, Pascal Delteil, président du Smad, a indiqué avoir demandé fin mars au directeur de l'aéroport de gérer ce problème technique. Il précise que le dirigeant, en vacances à l'étranger cette semaine, a proposé un rendez-vous à Denis Chapoul dès lundi 20 avril.
Je veux connaître tous les tenants et les aboutissants car il ne s'agit pas de donner un quitus, observe celui qui est également maire de Gardonne. A priori, il y aurait des contraintes de sécurité mais on va y arriver, il faut que Denis Chapoul soit patient.
La CCI prête à intervenir
Christophe Fauvel, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la Dordogne, qui détient 55% du capital d'EGC Aero, a indiqué avoir appris la situation par voie de presse. S'il y a des difficultés, elles doivent être traitées autour de la table avec l'ensemble des parties concernées, estime le président Fauvel. La CCI prendra toute sa part si elle est sollicitée avec l'objectif de préserver l'activité économique et l'attractivité de la plateforme.
La direction de l'aéroport, quant à elle, n'a pas répondu aux différentes sollicitations, laissant planer un silence qui alimente la frustration et la colère de Denis Chapoul. Son combat, mêlant engagement politique et défense de son entreprise, illustre les tensions parfois vives entre les acteurs économiques locaux et les gestionnaires d'infrastructures publiques.



