Facturation électronique : les TPE en retard malgré l'adhésion de principe
Facturation électronique : les TPE accusent un net retard

Facturation électronique : les très petites entreprises face à un défi d'appropriation

À l'approche de la généralisation de la facturation électronique, un constat s'impose : les très petites entreprises accusent un retard significatif dans leur préparation. Pourtant, paradoxalement, 58% d'entre elles jugent cette réforme positive. Ce décalage entre adhésion de principe et appropriation concrète constitue l'enjeu majeur des prochains mois.

Une fracture numérique préoccupante

Sur le terrain, la situation apparaît contrastée. « Les grandes entreprises sont prêtes, elles ont intégré les outils depuis longtemps. La difficulté va être principalement pour celles qui ne sont pas structurées », observe Fabrice Lallemand, directeur adjoint de la direction de l'aide aux entreprises et aux territoires de la Chambre de commerce et d'industrie Bordeaux Gironde.

Les structures de moins de 20 salariés, particulièrement les artisans et microentrepreneurs, se trouvent dans le viseur. Ces derniers bénéficient certes d'un délai supplémentaire – jusqu'au 1er septembre 2027 pour émettre des factures électroniques – mais devront pourtant être en mesure d'en recevoir dès septembre 2026, un premier seuil souvent méconnu.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La réalité quotidienne des dirigeants de TPE

Dans ces petites entreprises, le dirigeant cumule fréquemment toutes les fonctions. « Il s'occupe des devis, de la comptabilité, du commercial, des chantiers… Ce ne sont pas des spécialistes de l'administratif », souligne Gérard Gomez, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat Nouvelle-Aquitaine.

Pour ces professionnels, la réforme est souvent perçue comme une contrainte supplémentaire, éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. « Elle est prise comme une obligation sans trop d'intérêt », confirme la CCI. « Beaucoup sont encore dans le brouillard », ajoute la CMA, illustrant le défi informationnel auquel font face ces entreprises.

Les solutions techniques disponibles

Une bonne nouvelle émerge cependant : s'équiper n'implique pas nécessairement un investissement financier lourd. Une idée reçue mérite toutefois d'être corrigée. Le portail public de facturation (PPF), initialement présenté par le gouvernement comme l'option gratuite accessible à tous, ne jouera finalement pas ce rôle.

Toutes les entreprises devront donc choisir une plateforme agréée, et plusieurs d'entre elles proposent des offres gratuites suffisantes pour les volumes modestes d'un artisan ou d'un microentrepreneur. Parmi ces solutions :

  • Pennylane
  • Qonto
  • Odoo
  • Abby
  • Indy

La mobilisation des acteurs de l'accompagnement

Pour éviter un décrochage massif, les chambres consulaires intensifient leurs actions avec :

  1. Des conférences et webinaires d'information
  2. Des contenus pédagogiques adaptés
  3. Des formations dédiées à la prise en main des outils

La CCI Bordeaux Gironde déploie un plan d'information en lien avec les experts-comptables et l'administration fiscale. De son côté, la CMA Nouvelle-Aquitaine mise sur des formats courts et concrets, adaptés à des dirigeants qui n'ont ni le temps ni le goût des longs séminaires.

Un enjeu qui dépasse la simple conformité

L'objectif dépasse largement la simple mise en conformité réglementaire. « La réussite dépendra de la qualité du lien avec l'expert-comptable », insiste Fabrice Lallemand. Déjà, 74% des TPE expriment le besoin d'un accompagnement externe.

Reste à convaincre que cette obligation peut aussi devenir un levier d'efficacité. « L'objectif, c'est que cela ne devienne pas un sujet irritant dans le quotidien », résume Gérard Gomez. Un vœu qui ressemble, pour l'heure, encore à un chantier d'envergure nécessitant une mobilisation coordonnée de tous les acteurs concernés.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale