L'envolée des prix des carburants et des matières premières se fait sentir dans les petites entreprises. Le conflit au Moyen-Orient, qui a provoqué un « choc des coûts », pousse les TPE/PME françaises « dans une zone de risques majeurs », alerte jeudi une étude de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).
Marges comprimées et trésoreries fragilisées
Cette enquête, menée auprès de 2 350 dirigeants du 28 avril au 12 mai, est publiée alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu doit présenter à 17 heures de nouvelles aides ciblées pour atténuer les conséquences de la guerre. Au premier semestre 2026, 45 % des dirigeants constatent « une détérioration de la situation globale de leur entreprise », selon le communiqué de la CPME. « Les anticipations pour le second semestre restent très dégradées, dans un contexte de marges comprimées, de trésoreries fragilisées et d'incertitude persistante », souligne l'organisation. Ainsi, 38 % des dirigeants jugent leur trésorerie tendue ou critique, dont 11 % dans une situation où « la survie de l'entreprise est menacée à court terme », à l'heure où les banques tarissent les financements.
Hausse des coûts et répercussions limitées
La hausse des coûts de l'énergie et des matières premières pénalise d'autant plus les TPE/PME qu'une grande partie ne peut pas les répercuter « sur ses prix de vente, sauf à perdre des clients ou des marchés ». Cet « effet ciseau », conjuguant « baisse d'activité, hausses des charges et trésoreries sous pression », risque de grever les investissements et peser sur l'emploi, avertit la CPME.
Baisse des effectifs et appels au gouvernement
Près d'un dirigeant sur cinq indique avoir réduit ses effectifs au premier semestre, selon l'enquête. La CPME appelle le gouvernement « à permettre le report ou l'étalement des charges fiscales et sociales pour les entreprises les plus fragilisées » et « préserver le soutien à l'investissement ».



