BYD détrône Tesla, mais voit ses profits chuter en 2025
En janvier 2025, le constructeur chinois BYD a ravi à Tesla sa place de premier constructeur mondial de véhicules électriques. Un véritable pied de nez à Elon Musk, qui, quinze ans plus tôt, se moquait ouvertement du potentiel de son concurrent direct. Depuis, le milliardaire n'a pas eu d'autre choix que de réviser son jugement face à cette ascension spectaculaire.
Une victoire éphémère face à un marché saturé
Cette victoire s'est toutefois révélée éphémère. Fin mars 2025, le géant chinois a publié des résultats financiers décevants : son résultat net a plongé de près de 20% sur l'année. La faute à un marché de plus en plus saturé en Chine et à une guerre des prix acharnée à laquelle se livre la myriade de fabricants de voitures électriques opérant dans le pays, BYD inclus.
L'entreprise de Shenzhen espère désormais inverser la tendance en poursuivant son développement à l'étranger, et notamment en Europe. Dans les bureaux français du groupe, à La Défense, L'Express a rencontré Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD.
La stratégie européenne de BYD dévoilée par Stella Li
Devant une réplique miniature de la Denza Z9 GT, le premier véhicule premium que la marque s'apprête à lancer sur le Vieux Continent, la dirigeante a déroulé sa stratégie ambitieuse :
- Montée en gamme pour séduire les marchés européens exigeants.
- Investissements massifs dans les technologies de pointe, avec plus de 8,5 milliards de dollars consacrés à la recherche et développement.
- Déploiement accéléré de capacités industrielles locales pour réduire les coûts et s'adapter aux spécificités régionales.
Avec un objectif clair : s'imposer comme un acteur majeur dans le paysage européen de l'automobile électrique. Selon Stella Li, l'année 2026 devrait marquer un tournant décisif pour l'entreprise.
Interview exclusive : Stella Li répond aux inquiétudes financières
L'Express : Pour la première fois depuis quatre ans, BYD a vu ses bénéfices reculer en 2025, en raison d'une baisse des ventes en Chine. Comment l'expliquer ?
Stella Li : Il faut lire le rapport financier en profondeur. À première vue, on observe une baisse de la rentabilité, mais elle est seulement temporaire. Pourquoi ? Parce que chez BYD, nos investissements en R&D dépassent les 8,5 milliards de dollars. Cet argent finance les technologies des trois à cinq prochaines années. Par exemple, le 5 mars, nous avons officiellement lancé notre recharge ultra-rapide : cinq minutes permettent de passer de 10% à 70%, neuf minutes de 10% à 97%, soit une charge complète.
Cette innovation illustre notre engagement à rester à la pointe de la technologie, malgré les défis actuels du marché chinois. Notre stratégie européenne, combinée à ces avancées techniques, doit nous permettre de retrouver une croissance solide et durable.



