Le gouvernement lève le flou juridique pour le 1er mai
Dans une annonce faite vendredi depuis le perron de Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé que les boulangers-pâtissiers et les fleuristes indépendants pourront ouvrir leurs commerces ce 1er mai. Cette ouverture se fera "évidemment" sur la base du volontariat, avec une rémunération doublée pour les salariés concernés, comme le prévoit le Code du travail pour les jours fériés travaillés.
Un projet de loi pour sécuriser la situation
"Un projet de loi en ce sens sera présenté avant la fin du mois en Conseil des ministres", a déclaré Sébastien Lecornu. Cette mesure, limitée aux indépendants et artisans de proximité, vise à lever le flou juridique actuel : jusqu'à présent, les patrons pouvaient ouvrir seuls mais risquaient des amendes de 750 euros par salarié concerné pour avoir employé du personnel ce jour-là.
Le 1er mai reste un jour obligatoirement chômé et payé garanti par le Code du Travail, mais le gouvernement apporte une clarification attendue par ces professions. "Le 1er mai reste férié […] d'autres discussions auront lieu pour les différentes branches", a précisé le Premier ministre.
Une décision après consultation des professionnels
Cette annonce fait suite à une consultation avec une délégation de boulangers et fleuristes. En début de semaine, le gouvernement avait repoussé une proposition de loi plus large souhaitant élargir le travail durant ce jour férié, texte qui avait suscité une vive contestation des syndicats et de l'opposition de gauche.
Sébastien Lecornu, interrogé devant le Sénat mercredi, avait alors promis une "solution négociée, sécurisante et pragmatique", limitant l'autorisation aux commerces de proximité et à l'artisanat pour éviter d'ouvrir "des portes trop larges".
Réactions politiques et professionnelles
L'annonce a été saluée par Gabriel Attal, partisan de la proposition de loi initiale plus large : "A l'issue d'une séquence kafkaïenne faite de blocages et de mensonges, c'est une victoire du bon sens, du travail et de la liberté !"
D'autres professions comme les bouchers et les fromagers réclament désormais le même droit d'ouverture pour le 1er mai, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles discussions sectorielles dans les mois à venir.
Contexte économique difficile
Sébastien Lecornu a lié cette décision à un contexte économique asphyxiant, marqué par la flambée des prix de l'énergie due à la guerre en Iran. "J'ai demandé à mes ministres de préparer un nouveau paquet d'aides ciblées pour mai", a-t-il déclaré, précisant que la priorité irait aux agriculteurs, aux transporteurs routiers et aux pêcheurs.
Le gouvernement cherche ainsi à concilier respect des traditions sociales et nécessités économiques dans un contexte international tendu, tout en apportant de la clarté juridique aux artisans concernés.



