Le PDG de Corsair alerte sur la flambée du kérosène et ses conséquences sur l'aviation
Corsair : le kérosène pèse désormais 45% des coûts de la compagnie

La facture s'alourdit considérablement pour les compagnies aériennes. Ce lundi, sur BFM Business, Pascal de Izaguirre, le PDG de Corsair, a exprimé ses vives inquiétudes concernant la flambée des prix du kérosène et ses répercussions sur l'ensemble du secteur du transport aérien. « C'est très simple : par rapport au niveau auquel était le kérosène avant le conflit, les prix évoluent entre deux fois et deux fois et demie ce niveau », a-t-il déclaré sur la chaîne d'information économique.

Un poids des coûts qui explose

Le dirigeant, qui occupe également la présidence de la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (FNAM), a précisé l'impact concret de cette hausse sur la structure des coûts des compagnies. « Le kérosène représentait environ 25 % du total des coûts d'une compagnie aérienne. Et là, il évolue entre 40 et 45 % », a-t-il souligné. Cette augmentation spectaculaire met sous pression la rentabilité des acteurs du secteur, déjà fragilisés par les récentes crises.

La question de l'approvisionnement

Dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient provoque une envolée des prix et perturbe les échanges commerciaux mondiaux, Pascal de Izaguirre s'est toutefois montré relativement confiant quant aux risques de pénurie de kérosène, malgré les difficultés d'importation depuis les pays du Golfe. « C'est une situation que nous suivons de très près, en liaison avec les pouvoirs publics. En général, nous avons six semaines de visibilité devant nous », a-t-il indiqué.

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Il a ajouté un élément rassurant : « L'État a des stocks stratégiques pour trois mois, ce qui nous permet quand même de tenir, de voir venir et de passer l'été tranquillement ». Cette réserve constitue un filet de sécurité crucial pour assurer la continuité des opérations aériennes dans les prochains mois.

Un réseau épargné par les conflits

Le patron de Corsair a également évoqué la situation spécifique de sa compagnie. « On peut quand même espérer que le conflit aura été réglé d'ici là », a-t-il avancé, faisant référence à la période couverte par les stocks stratégiques. Il a précisé que le réseau de destinations de Corsair, situé hors des zones de conflit direct, « n'a pas été affecté [...] par des modifications de routes qui se traduisent par des allongements, donc des consommations supplémentaires ».

Cet avantage permet à la compagnie d'éviter les surcoûts opérationnels liés aux détours, contrairement à d'autres acteurs dont les trajets sont impactés par les tensions géopolitiques. Cependant, la hausse générale du prix du carburant reste un défi majeur pour toute l'industrie.

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