Le conflit au Moyen-Orient déclenche un choc pétrolier dans le secteur aérien
La flambée des cours du pétrole, directement liée à l'escalade du conflit au Moyen-Orient, impose aux compagnies aériennes des augmentations de tarifs et des réductions d'offre jugées « inévitables ». Pascal de Izaguirre, président de la Fédération nationale de l'aviation (Fnam) et PDG de Corsair, a sonné l'alarme dans une interview accordée à La Tribune ce mardi, décrivant une situation critique qui se généralise.
Des hausses de prix inéluctables et des vols annulés
« Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables », a affirmé Pascal de Izaguirre, pointant du doigt plusieurs facteurs aggravants :
- L'augmentation drastique du prix du kérosène, avec une tonne passée de 750 dollars avant le conflit à 1 900 dollars début avril.
- L'allongement des temps de vol dû aux contournements imposés par l'interdiction de survol de certains pays en guerre.
- La suspension pour certaines compagnies de destinations dans des zones interdites.
Ces éléments combinés ont fait bondir la part du carburant dans les coûts d'exploitation des compagnies aériennes de 25 % à 45 %, selon les chiffres avancés par le président de la Fnam.
Un risque de pénurie de kérosène et des annulations de vols
Pascal de Izaguirre a également souligné le risque d'une pénurie de kérosène qui « pourrait se tendre dans les prochaines semaines ». Cette tension sur l'approvisionnement, couplée à la flambée des prix, provoque déjà des annulations de vols. « Aujourd'hui, si une compagnie aérienne constate qu'un vol dans un futur assez proche aura un coefficient de remplissage trop faible, et qu'il risque d'être lourdement déficitaire, alors elle peut préférer l'annuler », a-t-il expliqué.
L'allongement des temps de vol, nécessaire pour contourner les zones de conflit, entraîne mécaniquement une hausse de la consommation de kérosène, alourdissant encore les coûts d'exploitation.
Spéculation et appel à la transparence
Le président de la Fnam a également alerté sur l'écart d'évolution entre le pétrole brut et le kérosène, qu'il attribue à un phénomène de spéculation et à de potentiels abus. « Nous avons alerté le gouvernement à ce sujet afin de faire la transparence sur la situation », a-t-il déclaré, appelant à une vigilance accrue des autorités.
Impact contrasté sur les réservations
Concernant l'impact sur les réservations, Pascal de Izaguirre se montre plus circonspect. Si l'effet est déjà « fort pour les secteurs du tourisme », il est « très variable » pour les compagnies aériennes. Certaines bénéficient même « d'un effet de report favorable aux destinations qu'elles desservent », note-t-il.
En conclusion, Pascal de Izaguirre prévient : « On peut s'attaendre à de nouvelles hausses de tarifs dans les prochains mois, si la situation perdurait », tout en précisant qu'aucun « réajustement rétroactif » des tarifs n'est possible. La crise actuelle, qualifiée de « choc pétrolier », continue donc de peser lourdement sur l'avenir immédiat du transport aérien.



