Baisse de taxe sur billets d'avion : des gagnants et des perdants
Baisse de taxe aérienne : inégalités entre aéroports

Alors que l'aéroport de Toulon-Hyères s'apprête à inaugurer, ce mardi 2 juin 2026, une liaison hebdomadaire vers Londres, un arrêté du ministère des Transports réduisant le tarif de solidarité de la taxe sur le transport aérien de passagers (TSBA) entre en vigueur ce lundi 1er juin, suite au feu vert de la Commission européenne saisie par l'État français. Mais aucune ligne du terminal opéré par Vinci-airports n'en bénéficiera, puisque cette baisse de la fiscalité ne concerne que les liaisons aériennes soumises à une obligation de service public (OSP) dans le cadre d'une délégation de service public (DSP). Vingt-six lignes au total, dont quatre à destination de la Corse depuis Nice (Bastia, Calvi, Ajaccio, Figari), ainsi que des routes ultra-subventionnées par les collectivités locales, comme Limoges-Paris ou Rodez-Paris.

Une mesure qui creuse les inégalités

Si cette baisse est une bonne nouvelle pour les passagers des lignes concernées, elle l'est moins pour d'autres territoires, comme le Var, qui peinent à attirer les compagnies. « C'est incompréhensible. On vient aider les lignes de service public qui justement n'ont pas de mal à attirer les compagnies et les passagers », analyse un expert du secteur. L'Union des aéroports français, qui plaide pour un retour au niveau de fiscalité antérieur au 1er mars 2025, date à laquelle la taxe avait bondi pour rapporter 850 millions d'euros supplémentaires à l'État, estime que ce décret pourrait renforcer le déséquilibre entre aéroports de proximité subventionnés et non subventionnés.

« L'État fait une exception pour lui-même ! Il aurait fallu revenir sur cette taxe pour l'ensemble des lignes », déclare Nicolas Paulissen, délégué général de l'UAF et FA.

Perte de compétitivité des petits aéroports

Dans un rapport de novembre dernier, la direction générale de l'Aviation civile et la direction du Transport aérien soulignaient la perte de compétitivité des plateformes françaises après la hausse de la taxe en 2025, particulièrement pour les petits aéroports : « Les aéroports de proximité, quel que soit leur niveau de trafic, ont un positionnement concurrentiel défavorable par rapport au panel européen. L'écart est de 12 % pour les aéroports de plus d'un million de passagers (contre 1 % en 2023) et de 42 % pour les aéroports de moins d'un million de passagers (contre 12 % en 2023). »

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Dans le Var, les élus locaux et le monde économique se plaignent régulièrement du manque de vols vers Paris. Vinci airports peine à faire décoller les chiffres de fréquentation du tarmac d'Hyères, tout en déployant une stratégie internationale tournée vers les touristes étrangers, comme les Britanniques, avec le vol British Airways lancé ces jours-ci. Mais les vols vers Ajaccio se sont arrêtés depuis plusieurs années, faute de modèle économique face aux routes subventionnées au départ de Marseille ou Nice.

L'arrêté reste toutefois une bonne nouvelle pour des milliers de passagers azuréens, puisqu'il permet une baisse de 65 % de la fiscalité (taxe par billet passant de 7,40 € à 2,63 €) sur les vols vers la Corse.

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