Il y a vingt-cinq ans, en 2001, Dofus sortait de terre. L'idée d'Ankama, studio derrière le jeu, était simple : créer un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur (MMORPG) mêlant combat stratégique et exploration en monde ouvert. Remis au goût du jour à deux reprises, en 2009 et 2024, le titre continue d'animer des milliers de joueurs à travers le monde.
Un succès qui perdure
En février dernier, le jeu réunissait plus de 200 000 gamers, des chiffres similaires à l'année 2025 sur la même période. Dofus séduit toujours autant après 25 ans. Une longévité félicitée par Pauline Plaisant, directrice de la stratégie du groupe Ankama : « Dofus fait partie du patrimoine français du jeu vidéo. » Mais comment le studio a-t-il entretenu la flamme d'une licence avec autant de bouteille ? La communauté autour du jeu y est pour quelque chose.
Une communauté immense
Au lancement de Dofus sur les ordinateurs, le jeu n'avait pas pour objectif de marquer l'industrie française. « De sa sortie à aujourd'hui, ce qui nous surprend le plus, c'est vraiment l'ampleur qu'a prise le jeu par rapport à l'ambition initiale, » souligne Pauline Plaisant. « Une immense communauté, principalement franco-française, s'est formée. » D'après la directrice, Dofus a réussi à toucher les joueurs grâce à son univers vivant, ses mécaniques de jeu efficaces et son identité graphique forte.
« Quand on voit une image du jeu, pour les joueurs aguerris, ils savent que c'est Dofus. On veut absolument garder cet ADN, tout en le faisant évoluer pour qu'il corresponde aux codes actuels. » Sa longévité a aussi permis de toucher de nouveaux publics. « Dofus a un côté transgénérationnel, » ajoute Pauline Plaisant. « Les joueurs qui ont commencé à jouer à Dofus il y a presque 25 ans, aujourd'hui sont devenus parents et jouent avec leurs enfants. » Même si sa communauté reste majoritairement francophone, le jeu s'est ouvert à l'international, notamment en Amérique latine.
Évolution et adaptation
Pour répondre à un secteur en constante évolution, l'équipe d'Ankama a misé sur l'innovation. « Les joueurs d'il y a 25 ans n'ont pas les mêmes attentes et ne jouent pas de la même manière que ceux d'aujourd'hui, » explique Pauline Plaisant. « Pour un jeu avec autant d'existence, c'est toujours compliqué d'évoluer avec son temps. Mais c'est plus avec la profondeur de l'univers qu'on a fait la différence. »
Ankama annonce même travailler sur de nouvelles évolutions de gameplay d'ici la fin d'année, notamment pour rendre le jeu plus dynamique. « Dans Dofus, on a des quêtes avec des passages de texte qui font des milliers de caractères. Aujourd'hui, il faut aller un peu plus droit au but. C'est aussi pour ça qu'on lance parfois des serveurs contemporains pour tester d'autres mécaniques. Allier continuité et innovation, c'est un challenge quotidien. »
Vers une dimension compétitive
L'avenir de Dofus semble aussi se tourner vers l'aspect compétitif, notamment avec la première édition du SpeedRush pour fêter ses 25 ans. « Nous avons notre scène Esport traditionnelle de combat, » déclare Bruno Vicaire, Influence & Esport Manager d'Ankama. « Mais cette compétition correspond parfaitement à ce que les joueurs vivent au quotidien. Il touche toute la communauté, professionnelle ou amateur. » Le tournoi a dépassé les attentes avec une récompense de 180 000 euros, une somme record obtenue en grande partie grâce à l'achat de packs dédiés.



