Aux États-Unis, un phénomène inquiétant gagne du terrain dans le monde professionnel : le retour d'un sexisme décomplexé. Alors que les entreprises américaines prônaient depuis des années la diversité et l'inclusion, une tendance inverse semble s'installer, remettant en cause les avancées obtenues de haute lutte par les mouvements féministes.
Un contexte politique favorable
Ce regain de sexisme s'inscrit dans un contexte politique particulier. L'administration Trump a, selon de nombreux observateurs, libéré la parole sexiste en banalisant des propos et des comportements autrefois condamnés. Les entreprises, reflet de la société, n'ont pas été épargnées par cette vague.
Les témoignages se multiplient : remarques déplacées, blagues graveleuses, promotions accordées en fonction du genre, et même harcèlement. Les femmes, surtout celles en position de pouvoir, sont particulièrement visées.
Des chiffres alarmants
Selon une étude récente du Pew Research Center, 42 % des femmes actives aux États-Unis déclarent avoir subi une forme de discrimination sexiste au travail au cours des deux dernières années, contre 28 % en 2020. Les secteurs traditionnellement masculins comme la tech, la finance ou l'industrie sont les plus touchés.
Par ailleurs, le nombre de plaintes pour harcèlement sexuel déposées auprès de l'Equal Employment Opportunity Commission (EEOC) a augmenté de 15 % en 2025, après une baisse pendant la pandémie.
Les causes multiples
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D'abord, la remise en cause des politiques de diversité et d'inclusion dans certaines entreprises, perçues comme trop contraignantes. Ensuite, le retour en force de stéréotypes de genre véhiculés par les réseaux sociaux et certains médias.
Enfin, la peur de la cancel culture pousserait certains hommes à adopter des comportements plus agressifs pour affirmer leur position. Ce sexisme décomplexé se manifeste aussi par des inégalités salariales persistantes : à poste égal, les femmes gagnent en moyenne 18 % de moins que leurs collègues masculins.
Des conséquences sur les carrières
Ce climat délétère a des conséquences directes sur les carrières des femmes. Nombre d'entre elles renoncent à postuler à des postes à responsabilités, par crainte de subir des discriminations. D'autres quittent leur entreprise pour créer leur propre structure, à l'image de Sarah, ancienne cadre dans une start-up de la Silicon Valley : "Je n'en pouvais plus des remarques sur mon apparence et des réunions où l'on me coupait la parole. J'ai préféré partir."
Les entreprises, de leur côté, commencent à prendre conscience du problème. Certaines mettent en place des formations obligatoires sur le sexisme, mais les résultats tardent à se voir. Les associations féministes appellent à une prise de conscience collective et à des mesures plus fermes, comme la mise en place de quotas ou des sanctions plus lourdes contre les comportements sexistes.
En conclusion, le retour d'un sexisme décomplexé dans les entreprises américaines est un signal d'alarme pour la société tout entière. Il rappelle que les droits des femmes ne sont jamais acquis et qu'ils doivent être défendus en permanence, tant dans la sphère publique que privée.



