Une aide ciblée pour les travailleurs modestes parcourant de longues distances
Le gouvernement a dévoilé mardi les conditions précises pour bénéficier de l'aide dite des "grands rouleurs", destinée à soulager les travailleurs modestes confrontés à l'envolée des prix des carburants. Cette mesure concernera environ trois millions de personnes, selon les estimations officielles.
Des critères de revenus stricts pour cibler les ménages les moins aisés
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a précisé lors du journal télévisé de 20 heures sur France 2 que l'aide serait réservée aux Français dont le revenu imposable se situe en dessous de la médiane de leur catégorie. Concrètement, cela signifie que seuls les 50% des foyers les moins aisés pourront en bénéficier.
Les seuils de revenus ont été clairement établis : 17 000 euros pour une personne célibataire et 50 000 euros pour un couple avec deux enfants. "On va faire ça de manière très simple", a assuré le ministre, expliquant que le dispositif fonctionnerait sur la base d'une déclaration via un espace dédié sur le site impots.gouv.fr.
Des distances minimales à parcourir pour être éligible
Outre les conditions de revenus, des critères de distance ont été fixés. Pour les travailleurs classiques, il faudra justifier d'au moins 15 kilomètres entre le domicile et le lieu de travail. Pour les professionnels comme les infirmières ou les aides-soignants, le seuil est établi à 8 000 kilomètres parcourus annuellement.
Le dispositif devrait être opérationnel d'ici la fin du mois de mai, avec un versement unique. Roland Lescure a confirmé que l'aide serait rétroactive pour les mois d'avril, mai et juin 2024.
Une réduction moyenne de 20 centimes par litre
Cette aide se matérialisera par une réduction moyenne de 20 centimes d'euros par litre de carburant, comme l'avait annoncé plus tôt le Premier ministre à l'issue d'une réunion ministérielle à Matignon. Parallèlement, les aides pour les pêcheurs et les agriculteurs seront reconduites ou renforcées dès le mois de mai.
Contexte d'envolée des prix des carburants
Cette mesure intervient dans un contexte de forte hausse des prix à la pompe depuis le 27 février, veille des premières frappes israélo-américaines sur l'Iran. Les augmentations ont été particulièrement marquées :
- Environ 50 centimes pour le gazole
- Environ 25 centimes pour l'essence SP95-E10
Roland Lescure a estimé mardi que l'impact économique de la situation au Moyen-Orient se situait entre 4 et 6 milliards d'euros à ce stade, justifiant ainsi la mise en place de ce dispositif d'urgence pour soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs les plus modestes.



