Supérettes de Saint-Tropez : la mairie lutte pour préserver les commerces de proximité
Supérettes à Saint-Tropez : la mairie en lutte pour les préserver

Un écosystème en danger

Après la fermeture du petit casino-shop de la rue Allard en 2024, transformé en magasin Massimo Dutti, les habitants redoutent la fermeture d’une autre supérette. Les rumeurs de rachats de locaux alimentent quotidiennement cette peur. Face à la disparition progressive de ces lieux de proximité, la Ville a enclenché des manœuvres pour conserver coûte que coûte ces enseignes. Mais ces actions permettront-elles d’en assurer la pérennité ? Décryptage.

Le Monoprix, fragile, mais toujours debout

Les braises ne s’éteignent jamais. La question est devenue récurrente aux caisses. L’avenir du Monoprix est au cœur des préoccupations de la clientèle. Cette enseigne historique, installée avenue Maréchal Leclerc, est l’un des espaces privilégiés des résidents. En 2025, le directeur de l’antenne locale balayait d’un revers de la main l’annonce d’un potentiel départ : « Le groupe Casino a signé un nouveau bail il y a près de deux ans [trois ans en 2026]. Ce contrat est une location ferme prévue sur douze ans. C’est donc impossible de le casser. S’il est amené à être débloqué en cas d’urgence, l’entreprise demandera un dédommagement énorme. » Une situation inchangée en 2026. Pourtant, selon nos informations, ce bien intéresse une richissime famille, désireuse d’agrandir son empire et d’y développer une nouvelle activité. Pour la municipalité, une vraie bataille se prépare. « Face à d’éventuels projets de changement de destination du local, la commune étudie et mettra en œuvre l’ensemble des outils réglementaires disponibles. Parmi eux, l’inscription d’une protection linéaire commerciale dans le Plan local d’urbanisme pour empêcher la disparition de cette enseigne », défend Sylvie Siri. La maire entretient régulièrement des échanges avec le groupe Casino, propriétaire du Monoprix, pour veiller à son maintien.

Le petit casino de la rue des commerçants aussi menacé

Après celui de la rue Allard, ce petit casino est-il également voué à disparaître ? Sa localisation dans la vieille ville est cruciale pour les commerçants aux alentours mais également pour les vacanciers, de passage près du clocher. « C’est l’un des combats les plus révélateurs de la pression que subissent les commerces de proximité », qualifie la première magistrate. Et pour cause, les gérants ont reçu des propositions « de groupes souhaitant récupérer ce local pour un usage incompatible avec sa vocation ». « La commune a exercé un droit de préemption commercial pour maintenir une offre alimentaire de proximité dans ce secteur stratégique du centre-ville », dévoile-t-elle.

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Le Spar a évité de justesse la fermeture

En octobre dernier, la nouvelle avait été officialisée dans nos colonnes. Le Spar allait déménager dans l’ancien bâtiment de la Caisse d’épargne, racheté par le chef d’entreprise aixois, Stéphane Gros Colas pour 14,5 millions d’euros. Un promoteur qui dispose déjà de plusieurs surfaces louées à l’année à Sephora ou Lacoste. La supérette a été préservée grâce à l’aboutissement d’un compromis : « Dès l’instant où nous avons été informés que l’immeuble du Spar était racheté [par Jess Levy, acquéreur de l’ex-société générale et de la fondation Pieters Ndlr], nous avons mis les deux nouveaux propriétaires en relation. Il fallait aussi tenir compte des contraintes urbanistiques. Ce sont des grandes négociations qui ont duré toute une année pour arriver à ce résultat. L’enseigne ne connaîtra donc aucun jour de fermeture et déménagera à l’automne. »

Et concernant la future destination de l’actuel Spar ? L’évolution est encore floue. « Nous n’en savons pas plus car c’est un projet privé, confie le directeur général des services, Benoit Ravix avant de détailler les opérations possibles. En 2024, l’acheteur avait réalisé un certificat d’urbanisme lui permettant d’y faire de l’artisanat de détail sur 290 m2. Ce document a été déposé avant la modification du Plan local d’urbanisme de Saint-Tropez [effectué en 2025 Ndlr] qui impose dorénavant un linéaire alimentaire. » La municipalité se retrouve donc légalement bloquée pour empêcher le changement de destination.

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Utile en voie d’extension

Le petit dernier dans le périmètre. L’Utile de l’avenue Général-Leclerc connaît un destin plus encourageant que ceux réservés à ses homologues. « Un projet intégrant une extension du supermarché est en cours, avec une modification du PLU, confirme en exclusivité la maire. Il permettra de conserver une offre alimentaire plus importante qu’actuellement. »

Le restaurant Ralph Lauren débarque

Les bruits de couloir laissaient présager l’arrivée de Prada aux abords de la Place des Lices. C’est finalement la maison Ralph Lauren qui s’implantera dans les anciens locaux de la société générale, nouvelle propriété de l’investisseur parisien Jess Levy. Pour marquer son arrivée à Saint-Tropez, la marque a aussi négocié la location du bâtiment mitoyen, autrefois réservé à la Fondation Pieters. Elle y créera un restaurant et coffee-shops. Un espace dédié au mobilier devrait également être proposé. Inauguration cet été.