Foodwatch dénonce la 'stretchflation' : des produits plus garnis pour masquer des hausses de prix jusqu'à 30%
Stretchflation : des produits plus garnis pour cacher des hausses de prix

Foodwatch alerte sur la 'stretchflation' : des emballages plus garnis pour masquer des hausses de prix abusives

Après la 'shrinkflation' et la 'cheapflation', voici venue l'ère de la 'stretchflation'. Cette nouvelle pratique commerciale, dénoncée par l'association de défense des consommateurs Foodwatch, consiste à augmenter légèrement la quantité d'un produit tout en appliquant une hausse bien plus importante de son prix au kilo ou au litre. Une manœuvre marketing qui donne l'illusion d'un meilleur rapport quantité-prix, mais qui se révèle en réalité préjudiciable pour le portefeuille des consommateurs.

Des exemples concrets qui parlent d'eux-mêmes

Alertée par des clients mécontents, Foodwatch a mené une enquête approfondie sur plusieurs produits de grande consommation. Les résultats sont édifiants :

  • Les cornichons 'petits croquants aigre-doux' de Kühne sont passés de 185 à 190 grammes, soit une augmentation de seulement 2,7%, tandis que leur prix au kilo a bondi de près de 28%.
  • Les gnocchis 'extra-fromage' de Lustucru affichent une progression de format de 5,3%, mais leur prix au kilo grimpe de près de 19%.
  • Les biscuits Mikado de LU voient leur quantité augmenter de 11%, pour une hausse de prix au kilo dépassant les 18%.

D'autres références, comme les panés végétaux Garden Gourmet de Nestlé ou la flammekueche Stoeffler, présentent des écarts comparables entre l'évolution des volumes et celle des tarifs.

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Une stratégie marketing trompeuse mais légale

Dans tous ces cas, les emballages mettent en avant des mentions rassurantes telles que 'nouveau format', 'plus généreux' ou 'plus de biscuits', laissant croire à une opération commerciale avantageuse. Pourtant, en tenant compte de l'inflation alimentaire, Foodwatch observe des hausses de prix bien supérieures à l'évolution des volumes proposés.

Cette pratique n'est pas interdite par la loi, mais elle soulève de sérieuses questions sur la transparence du secteur agroalimentaire. Les industriels et les distributeurs se renvoient la responsabilité : Nestlé assure avoir maintenu le prix de vente au kilo de ses produits, tandis que les enseignes invoquent leur liberté de fixation des prix. Le groupe Schmidt, propriétaire de la marque Stoeffler, explique quant à lui avoir augmenté le poids de la garniture de ses flammekueches, assumant ainsi le choix 'de l'amélioration qualitative, gustative et environnementale' de ses références.

Comment se protéger face à ces pratiques ?

Face à ces stratégies commerciales opaques, Foodwatch appelle les consommateurs à redoubler de vigilance. Le premier réflexe reste de comparer systématiquement le prix au kilo ou au litre, seul indicateur fiable pour juger de l'évolution réelle d'un produit sur les étalages.

L'association rappelle également qu'une obligation d'affichage est entrée en vigueur en 2024 : lorsqu'un fabricant réduit la quantité d'un produit sans en baisser le prix, cette information doit désormais être clairement signalée en rayon. Une avancée obtenue après une forte mobilisation citoyenne, mais qui ne couvre malheureusement pas encore les cas de 'stretchflation'.

D'où l'appel pressant de Foodwatch à renforcer l'information des consommateurs et à mettre un terme à ces pratiques jugées abusives, qui compliquent considérablement la tâche des ménages dans un contexte inflationniste déjà tendu.

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