La compagnie aérienne low-cost Ryanair a annoncé jeudi 25 juin 2026 qu'elle allait modifier sa politique commerciale concernant les frais de placement familial, à la suite d'une enquête ouverte par le régulateur britannique de la concurrence (CMA). Désormais, pour les réservations effectuées à partir de cette date, les adultes voyageant avec des enfants qui ne souhaitent pas payer un siège réservé seront informés de l'attribution gratuite de leur siège après leur enregistrement.
Une enquête de la CMA sur les frais de placement familial
La Competition and Markets Authority (CMA) avait ouvert une enquête il y a deux semaines, soulignant que les conditions générales de Ryanair exigeaient « qu'au moins un parent soit assis avec ses enfants âgés de 2 à 11 ans » en réservant un « siège familial » payant. Ces frais s'élevaient généralement à environ 8 livres (9,28 euros) par trajet, précisait le régulateur, rappelant que cette pratique est bannie en Italie mais « utilisée sur la majorité des liaisons de Ryanair au départ du Royaume-Uni ».
Selon la CMA, qui disait vouloir déterminer s'il s'agissait « d'une clause contractuelle abusive », Ryanair était la seule grande compagnie au départ du Royaume-Uni à imposer ce type de frais. La compagnie irlandaise assurait de son côté « respecter pleinement l'ensemble des lois et réglementations applicables » et faisait valoir que son système était avantageux car il permettait à un adulte, en choisissant un seul siège payant, d'avoir jusqu'à quatre enfants assis à côté sans frais supplémentaires.
Une modification « à contrecœur » selon le PDG
Dans un communiqué, le directeur général de Ryanair, Michael O'Leary, a déclaré : « Nous nous plierons à contrecœur à cette norme sectorielle, car nous ne voulons pas perdre de temps à expliquer à des régulateurs mal informés à quel point ils se méprennent » sur l'intérêt des consommateurs au Royaume-Uni et en Europe. Selon M. O'Leary, connu pour son franc-parler, la politique de placement des familles du transporteur était même « universellement saluée par les consommateurs comme la plus progressiste et la plus transparente d'Europe ».
Malgré ce changement, Ryanair prévient que les familles optant pour cette attribution aléatoire de sièges seront généralement placées vers l'arrière de l'avion, « car les rangées avant ont tendance à être réservées en priorité et à se remplir en premier ». Les familles qui souhaitent choisir leurs sièges au moment de la réservation et s'asseoir à l'avant de l'avion pourront toujours le faire, « moyennant des frais de réservation de siège ».
Réaction de la CMA : « une victoire pour les familles »
La CMA a réagi jeudi dans une déclaration transmise à l'AFP : « La compagnie affirme que sa politique d'attribution des sièges est désormais conforme à la loi, et nous allons le vérifier de manière approfondie. Si c'est vrai, c'est une victoire pour les familles - qui n'auront plus à payer pour s'asseoir à côté de leurs enfants. »
Le régulateur a toutefois ajouté : « Mais cela ne change rien au fait que des familles ont déjà payé pour des places familiales obligatoires. Notre enquête se poursuit. » La CMA avait ouvert l'enquête il y a deux semaines, et celle-ci se concentre désormais aussi sur les frais déjà perçus.
Impact et contexte
Cette décision de Ryanair intervient alors que la compagnie était la seule grande compagnie aérienne au départ du Royaume-Uni à facturer de tels frais pour les familles. La pratique est déjà interdite en Italie. Avec ce changement, Ryanair s'aligne sur les pratiques de ses concurrents, qui proposent généralement la gratuité du placement familial.
Les associations de consommateurs et les familles concernées accueillent favorablement cette évolution, même si certains regrettent que les familles puissent être reléguées à l'arrière de l'avion. L'enquête de la CMA se poursuit pour déterminer si des remboursements ou des sanctions sont nécessaires pour les frais déjà facturés.



