Alors que la France suffoque sous une deuxième vague de chaleur, avec 72 départements en vigilance rouge ce 25 juin 2026, le Rassemblement national (RN) multiplie les apparitions médiatiques pour affirmer que la lutte contre le réchauffement climatique a toujours été une priorité. Une prétention que dément l'analyse des positions historiques et récentes du parti d'extrême droite.
Un parti historiquement climatosceptique
La mort de Jean-Marie Le Pen en janvier 2025 a privé le RN de son plus fervent climatosceptique. En 2010, lors d'un colloque intitulé « Réchauffement climatique, mythe ou réalité ? », il dénonçait une « manipulation » du « prétendu réchauffement ». Mais le parti n'a pas pour autant opéré une conversion sincère. Marine Le Pen, cheffe de file des députés RN, a visité le salon VivaTech le 19 juin 2026, mais cette mise en scène ne masque pas la réalité des votes.
Des votes systématiquement anti-climat
Selon une analyse du Nouvel Obs, les députés RN ont systématiquement voté contre les principales mesures climatiques. En 2025, ils ont rejeté la loi sur l'accélération des énergies renouvelables, qui visait à multiplier par deux la capacité éolienne et solaire d'ici 2030. Le parti s'est également opposé à la taxation des énergies fossiles et aux subventions pour la rénovation thermique des logements. « Le RN prétend défendre le pouvoir d'achat, mais ses choix aggravent la dépendance aux énergies carbonées », explique un expert de l'ONG Réseau Action Climat.
Un programme économique incompatible avec les objectifs climatiques
Le programme économique du RN, axé sur la baisse de la TVA sur les carburants et le gaz, va à l'encontre des objectifs de réduction des émissions de CO2. Le parti propose également de sortir des accords de Paris sur le climat, qu'il qualifie de « contraintes inutiles ». « C'est une imposture totale. Le RN n'a jamais intégré la contrainte écologique dans son logiciel politique », analyse un chercheur en sciences politiques.
Une communication opportuniste
Face à la canicule, le RN tente de capitaliser sur l'inquiétude des Français. Marine Le Pen a appelé à « une politique de bon sens » et à « protéger les plus vulnérables », sans proposer de mesures concrètes. « Ils surfent sur l'actualité, mais leurs propositions restent vagues et contradictoires », souligne un journaliste spécialiste de l'extrême droite. Le parti a également diffusé des vidéos de ses élus visitant des maisons de retraite climatisées, une opération de communication dénoncée comme « greenwashing politique ».
Les contradictions du discours écologiste du RN
Le RN prône un « patriotisme écologique » qui consisterait à défendre l'environnement français contre les menaces extérieures, mais sans remettre en cause le modèle productiviste. Il s'oppose ainsi aux éoliennes, jugées « défigurantes », et aux panneaux solaires au sol, accusés de « grignoter les terres agricoles ». En parallèle, il défend le nucléaire comme seule solution, tout en ayant voté contre la prolongation de certains réacteurs. « Leur discours est incohérent. Ils veulent tout et son contraire », résume un député écologiste.
Un héritage idéologique tenace
Les racines climatosceptiques du RN restent profondes. Lors de la campagne présidentielle de 2022, Marine Le Pen avait qualifié le réchauffement climatique de « préoccupation secondaire ». En 2024, le parti s'est abstenu lors du vote sur la création d'une commission d'enquête sur les canicules. « Le RN a une culture politique qui nie la science climatique. Leur prétendue mue est un écran de fumée », conclut un historien spécialiste de l'extrême droite.
Alors que la France connaît des températures records, avec plus de 40°C dans plusieurs régions, le RN continue de défendre un modèle économique fondé sur les énergies fossiles. La canicule de juin 2026, qui a déjà causé des dizaines de décès, ne semble pas avoir modifié en profondeur la ligne du parti. Derrière le vernis écologique, le RN reste aux antipodes des mesures nécessaires pour lutter contre le dérèglement climatique.



