Pourquoi les communes de l'Agglo de Béziers n'ont pas augmenté la taxe foncière
Pourquoi les communes de l'Agglo de Béziers n'ont pas augmenté la taxe foncière

Les habitants de l'Agglomération Béziers Méditerranée peuvent souffler : ni l'intercommunalité ni aucune des communes qui la composent n'ont augmenté le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pour l'année 2026. Une décision politique forte dans un contexte budgétaire tendu, où les recettes fiscales sont pourtant cruciales. Mais les maires préfèrent épargner leurs administrés, déjà lourdement imposés, plutôt que de céder à la tentation d'un gain facile.

Un choix assumé malgré des finances exsangues

Pour Robert Ménard, maire de Béziers et président de l'Agglo, la question ne se pose même pas : depuis douze ans, la ville centre n'augmente pas ses taux. « Je pense que les gens ont suffisamment de difficultés dans la vie. Ce serait une fuite en avant, et je ne le ferai pas, même si la tentation est grande », explique-t-il. Une position partagée par l'ensemble des maires du territoire, de Villeneuve-lès-Béziers à Lignan-sur-Orb en passant par Servian.

Pourtant, les finances communales sont de plus en plus exsangues. La baisse des subventions de l'État, du Département et de la Région pèse lourd. « C'était un engagement de campagne, nous l'avons respecté, affirme Aurélie Pace, nouvelle maire de Villeneuve-lès-Béziers. Renflouer les caisses facilement en augmentant la taxe foncière, en faisant payer des propriétaires qui travaillent d'arrache-pied pour joindre les deux bouts, ce n'est pas la solution. » À Lignan-sur-Orb, Anne-Marie Ferrandez a même baissé ses indemnités et réorganise les services pour réduire les charges. « C'est sûr que ce serait plus facile d'augmenter la taxe foncière, mais on choisit la solution la plus difficile », confie-t-elle.

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Une baisse des taux écartée pour préserver l'investissement

Certains pourraient suggérer une baisse des taux pour compenser la hausse de l'assiette fiscale décidée par l'État. Mais cette option est rejetée par les élus. « Si je baisse d'un pour cent, c'est 3,2 millions d'euros en moins d'investissement, donc ça n'a aucun sens, estime Robert Ménard. Ce serait encore pire à l'Agglo car cela handicaperait les entreprises et donc l'emploi. Promettre une baisse d'impôt, ce serait démagogique. »

Fabrice Garnier, nouveau maire de Servian, fait le pari d'une gestion efficiente : « Je fais le pari de la bonne conduite du budget avec efficience et économie. Dans les premières années, on espère ne pas avoir à augmenter les taux, mais tout dépendra des subventions. »

Des administrés soulagés mais pas totalement

Si les taux n'augmentent pas, le montant total de la taxe foncière peut tout de même croître légèrement en raison de la revalorisation des bases locatives par l'État. Rita, une Biterroise d'une cinquantaine d'années, se dit satisfaite : « C'est satisfaisant, car ça représente presque un mois de salaire à payer par an. Si on ajoute l'impôt sur le revenu, le prix de l'essence et la vie… C'est de plus en plus difficile d'assumer tout ça. » Un sentiment partagé par de nombreux propriétaires du Biterrois.

Au final, le maintien des taux de taxe foncière dans l'Agglo de Béziers est un choix politique fort, qui privilégie le pouvoir d'achat des habitants à court terme, quitte à compliquer l'équation budgétaire des communes. Les maires misent sur une gestion rigoureuse et des solutions alternatives, comme la verbalisation des dépôts sauvages, pour renflouer les caisses sans alourdir la pression fiscale.

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