Le taux du Livret A va passer de 2% à 3% à compter du 1er août 2023, a annoncé Roland Lescure, ministre délégué chargé de l'Industrie, sur France Info ce vendredi 30 juin. Cette décision, prise par la Banque de France et le ministère de l'Économie, vise à protéger le pouvoir d'achat des épargnants face à l'inflation.
Une hausse exceptionnelle pour contrer l'inflation
Selon Roland Lescure, cette augmentation de 1 point de pourcentage est "exceptionnelle" et intervient dans un contexte où l'inflation atteint 5,1% sur un an en juin. Le Livret A, produit d'épargne réglementé le plus populaire en France avec près de 55 millions de détenteurs, voit ainsi son taux revalorisé pour la première fois depuis 2012.
Le ministre a précisé que cette hausse permettra aux épargnants de "mieux faire face à la hausse des prix". Le nouveau taux de 3% sera appliqué dès le 1er août, soit plus tôt que la date habituelle de révision (1er février et 1er août).
Un plafond de versement maintenu à 22 950 euros
Le plafond du Livret A reste fixé à 22 950 euros, a rappelé Roland Lescure. Ainsi, un épargnant ayant atteint ce plafond verra ses intérêts annuels passer de 459 euros à 688,50 euros, soit un gain supplémentaire de 229,50 euros par an.
Cette mesure s'inscrit dans un ensemble de décisions gouvernementales visant à soutenir le pouvoir d'achat, comme la revalorisation des retraites et des prestations sociales. Le Livret A, dont les fonds sont centralisés par la Caisse des Dépôts et Consignations, finance notamment le logement social et la rénovation urbaine.
Réactions des associations de consommateurs
Les associations de consommateurs, comme l'UFC-Que Choisir, ont salué cette hausse mais jugent qu'elle reste insuffisante face à une inflation qui dépasse les 5%. Elles réclament une indexation automatique du taux sur l'inflation pour préserver le pouvoir d'achat des épargnants.
De son côté, le ministre a indiqué que le gouvernement étudie la possibilité de relever également le taux du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), actuellement à 2%, ainsi que celui du Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, qui pourrait passer de 4,6% à 6%.



