La rappeuse Leys, figure montante du rap engagé, a sorti le 20 juin 2026 son deuxième album intitulé "Le monde est très violent pour les femmes". À travers 12 titres, elle dénonce les violences sexistes et sexuelles, mêlant rap incisif et mélodies poignantes. L'album a déjà été salué par la critique pour son audace et sa sincérité.
Un album né d'un constat amer
Leys, de son vrai nom Léa Sy, explique dans une interview au Monde que le titre de l'album lui est venu après avoir entendu une amie victime de violences conjugales. "Elle m'a dit : 'Le monde est très violent pour les femmes'. Cette phrase m'a marquée au fer rouge", confie-t-elle. L'artiste de 27 ans, originaire de Lyon, a passé deux ans à écrire et composer cet opus, s'inspirant de témoignages récoltés lors d'ateliers d'écriture avec des femmes victimes de violences.
Des chiffres alarmants
Selon une étude du ministère de l'Intérieur publiée en 2025, 244 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année en France, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2023. Leys cite ces statistiques dans le morceau "Chiffres Rouges" : "244 000, c'est pas un jeu, c'est des vies en morceaux / Chaque minute, une femme crie, mais personne n'entend ses mots." L'album inclut également un titre dédié aux féminicides, "Elles", où elle énumère les noms de 120 femmes tuées par leur conjoint en 2025.
Un style musical hybride
Musicalement, Leys mélange rap, chanson française et électro. Le producteur de l'album, Kery James, loue "sa capacité à allier poésie et colère". Le morceau "Mère Courage" est un hommage aux mères célibataires, tandis que "Sœurs d'armes" appelle à la sororité. La rappeuse a également collaboré avec la chanteuse Yseult sur le titre "Pleurs", une ballade déchirante sur les violences psychologiques.
Un accueil critique et public enthousiaste
L'album s'est classé n°2 des ventes en France dès sa première semaine, avec 35 000 exemplaires écoulés. Les critiques saluent "un manifeste féministe indispensable" (Les Inrocks) et "une œuvre brute et nécessaire" (Libération). Leys prévoit une tournée en France à partir de septembre 2026, avec des concerts dans des salles comme la Cigale à Paris et le Transbordeur à Lyon. Une partie des bénéfices sera reversée à des associations d'aide aux victimes, notamment la Fondation des Femmes.
Un engagement au-delà de la musique
En parallèle, Leys a lancé une pétition pour renforcer les peines contre les violences conjugales, qui a recueilli 150 000 signatures en deux semaines. Elle prévoit également d'intervenir dans des collèges et lycées pour sensibiliser les jeunes. "La musique est une arme, mais elle ne suffit pas. Il faut changer les lois et les mentalités", déclare-t-elle. Son engagement rappelle celui d'autres artistes comme Disiz ou Féfé, mais avec une perspective résolument féministe.



