Cette semaine, notre journaliste Louise Auvitu se demande si elle peut faire du vélo sans s’exposer au sexisme. Si le printemps ramène le doux parfum des fleurs, il réveille aussi un effluve bien plus nauséabond, celui du sexisme à vélo.
Vélotaf et sexisme ordinaire
Vélotaffeuse depuis près de dix ans, j’ai la désagréable impression qu’à chaque retour des beaux jours, il est de plus en plus prégnant. Ainsi, il y a peu, au feu rouge, alors que je conduisais mon fils à l’école, un cycliste m’a lancé : « J’espère que vous faites attention avec lui derrière. Que vous ne grillez pas les feux, qu’il porte toujours son casque… Si vous saviez le nombre de mamans qui font n’importe quoi à vélo. »
Une remarque misogyne
Décontenancée par cette remarque ô combien misogyne, j’ai rétorqué : « Bien évidemment, mais dites-moi, est-ce que vous formulez les mêmes critiques aux pères ? » Le feu étant passé au vert, j’ai donné un coup de pédale un brin énervée, puis j’ai filé, sans attendre sa réponse.
Un phénomène répandu
Malheureusement, cette désobligeante interaction n’est pas rare. Selon une enquête réalisée par l’institut Flashs publiée en janvier dernier, plus de quatre femmes sur dix déclarent avoir déjà été confrontées à des comportements agressifs et/ou sexistes – insultes, intimidations ou gestes déplacés – à vélo. Ce sexisme ordinaire, souvent banalisé, décourage nombre de cyclistes et renforce les inégalités de genre dans l’espace public.
Il est temps que les femmes puissent pédaler en toute sérénité, sans être jugées, harcelées ou infantilisées. Le vélo est un mode de transport libre et joyeux, et il doit le rester pour toutes et tous.



