Faux VTC dans l'Oise : 70 euros pour un Compiègne-Paris sans permis ni assurance
Faux VTC dans l'Oise : 70 euros pour un trajet sans permis

La police nationale de Compiègne (Oise) a interpellé deux faux conducteurs de VTC en quelques jours, qui circulaient sans assurance ni permis de conduire. Ces arrestations réjouissent les taxis traditionnels, victimes d'une concurrence déloyale.

Des interpellations en série

Le 11 mai, lors d'une mission de sécurisation du centre-ville de Margny-lès-Compiègne, un véhicule mal garé a attiré l'attention des policiers. « La voiture n'était plus assurée et le conducteur n'était plus titulaire du permis de conduire », indique la police nationale de l'Oise sur ses réseaux sociaux. À l'arrière du véhicule se trouvait un passager ayant commandé un VTC via une application pour se rendre en région parisienne. Le 18 mai, à Compiègne, un autre individu a été arrêté pour des motifs similaires. « Ils devront répondre de leurs actes devant la justice », précise la police.

Un procédé bien rodé

Selon les premiers éléments, le mode opératoire est bien établi. Le client réservait sa course via une plateforme de VTC classique. Une fois monté dans le véhicule, le chauffeur lui demandait d'annuler la réservation sur l'application pour régler la course en liquide, à un tarif très attractif : 70 euros pour un trajet Compiègne-Paris. Cette pratique illégale permet d'échapper aux déclarations, aux charges et surtout aux assurances obligatoires.

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Une concurrence déloyale dénoncée

Frédéric Delerce, président du SATC 60 (syndicat des artisans taxis communaux de l'Oise), fustige cette pratique : « On est clairement sur de la concurrence déloyale pour ceux qui sont dans les règles. Nous devons payer des charges, des impôts, des assurances, l'URSSAF, etc. » Il rappelle qu'un trajet entre Compiègne et Paris coûte en moyenne 120 euros chez un taxi réglementé, un tarif incluant carburant, véhicule, assurances, cotisations sociales et salaires.

Des risques pour les passagers

Au-delà de l'aspect économique, le responsable syndical insiste sur les risques encourus par les passagers. Il cite le cas d'Isabelle Nanty, victime de cette pratique, impliquée dans un accident de la route avec un conducteur dont le permis n'était plus valide depuis 2018. « Si l'accident est grave et effectué par un tiers insolvable, vous en avez pour votre poche, s'agace-t-il. On n'est jamais à l'abri d'un choc. »

Une profession encadrée

Frédéric Delerce rappelle que le métier de taxi est strictement réglementé : contrôles administratifs, examens professionnels, visites médicales obligatoires tous les cinq ans, assurances spécifiques, vérification de la Sécurité sociale, autorisations délivrées par les mairies ou les préfectures. « Vous montez dans un taxi avec la certitude d'avoir des règles qui sont suivies », déclare-t-il, ajoutant que cela vaut aussi pour les VTC réglementés. « Évidemment, il y a des VTC qui travaillent bien. Nous parlons de ceux qui ne respectent pas les règles, qui les contournent et escroquent les clients, l'État et la profession. »

Il salue néanmoins l'action des autorités : « On est reconnaissant envers les autorités qui s'intéressent à ce sujet et qui font du ménage pour les finances publiques et surtout pour la sécurité des passagers. »

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