Faut-il travailler plus ? La question se pose en ce week-end prolongé du 8-Mai, un mois qui enregistre trois jours fériés.
François Bayrou, à l'époque Premier ministre, avait proposé en juillet 2025 la suppression de deux jours fériés : le 8-Mai et le lundi de Pâques. Cette mesure visait à contribuer au redressement des comptes du pays, avec un gain estimé à 4,2 milliards d'euros pour l'État grâce au surcroît d'activité et donc de fiscalité. Une mission jugée kamikaze alors que son gouvernement ne tenait qu'à un fil, lequel a cédé moins de deux mois plus tard.
Sans surprise, la proposition du fondateur du Modem a été accueillie très fraîchement par les Français. Le débat autour du travail des salariés des boulangeries et des fleuristes le 1er-Mai, ainsi que les contorsions du gouvernement, ont montré que le sujet reste sensible. Le rapport au travail a changé ces dernières décennies : l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est devenu une priorité. Mais l'évolution des habitudes de consommation, où le travailleur aspire à se reposer les jours fériés tout en trouvant des commerces ouverts, et le déclin économique de la France, qui maintient son train de vie au prix d'un endettement abyssal, imposent des aménagements des conquêtes sociales.
C'est sous un Président de gauche, François Hollande, que la loi sur le travail le dimanche a été modifiée. Quelques années plus tôt, avec son « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy avait tenté d'assouplir les 35 heures en défiscalisant les heures supplémentaires. À un an de la présidentielle, la remise en cause de la durée du temps de travail reste un sujet inflammable, même si les Français travaillent moins que la moyenne européenne.
L'âge de la retraite constitue une autre pierre d'achoppement. Combien de manifestations et de récriminations ces trente dernières années lorsqu'il s'est agi d'augmenter le nombre d'années de cotisation ou d'aligner les régimes spéciaux sur le régime général pour faire face à un déséquilibre de plus en plus marqué entre le nombre de cotisants et de retraités ?
Est-il inéluctable de travailler plus et plus longtemps ? Quel point d'équilibre entre un juste droit au repos pendant sa vie professionnelle et après, et une adaptation à un monde qui change ? Faut-il réformer le système en introduisant la retraite par capitalisation ? Y a-t-il des sources de financement inexploitées, notamment du côté des plus riches ? Autant de questions qui se posent. Pas sûr que La France Insoumise, qui a proposé il y a quelques semaines de rajouter sept jours fériés dans l'année, fasse véritablement avancer le débat.



