D'un geste las, Rayane Jelidi montre les rideaux de fer baissés, tout autour de la dalle commerciale de Grand-Vaux. Les rues où il a grandi ont des allures de ville morte. « Il n'y a plus rien ici », lâche ce boulanger d'un air résigné. Dans ce quartier prioritaire de Savigny-sur-Orge (Essonne) où vivent 4 700 personnes, les commerçants semblent avoir disparu au même rythme que les habitants.
Un quartier promis à la renaissance
Sortie de terre dans les années 1960, cette cité est promise à la renaissance. Depuis 2016, quatre barres et trois tours de logements sociaux, vétustes et enclavées par l'autoroute A6 et la voie ferrée, font l'objet d'un projet de réhabilitation à près de 110 millions d'euros. Or, ces travaux nécessitent de reloger une grande partie des habitants.
Un impact dévastateur sur les commerces
Les commerçants sont nombreux à déplorer un fort impact sur leur activité. « On vit de quoi, nous ? », s'interrogent-ils. Certains se retrouvent isolés et ont perdu leurs clients. La boulangerie de Rayane Jelidi est l'un des seuls commerces encore en activité dans le quartier de Grand-Vaux.
À Melun et à Chantilly, des situations similaires sont observées. Les vastes chantiers menés en Île-de-France, notamment autour des gares et pour réhabiliter des quartiers, étouffent le commerce de proximité. Les clients désertent, faute d'accès ou de stationnement, et les petits commerçants peinent à survivre.
Ce phénomène touche de nombreuses communes franciliennes. Les élus locaux tentent de trouver des solutions, mais les délais des travaux et les contraintes budgétaires compliquent la donne. En attendant, les rideaux de fer restent baissés.



