L'ancien gérant du CKFé, établissement emblématique de Nîmes, a comparu le 4 septembre devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour des déclarations fiscales incomplètes. Il était absent et représenté par son avocate, Me Laurence Bourgeon.
Le CKFé, une institution disparue
Le CKFé, situé au 20 rue de l'Étoile dans l'Écusson, était un haut lieu de la fête à Nîmes depuis plus de 30 ans. Il a fermé ses portes en 2020, victime de la pandémie de Covid-19 et d'un incendie survenu en mars 2020 qui a endommagé une partie de l'établissement. Malgré la fermeture, la société Disco Gard, gérée par "Milko" Mimouni, reste active.
Les faits reprochés
La direction départementale des finances publiques du Gard a porté plainte, accusant le gérant d'avoir minoré ses déclarations fiscales entre 2015 et 2018. Les griefs incluent des déclarations mensongères, des irrégularités graves sur les recettes et les achats de fournitures, et une fraude fiscale estimée à plus de 100 000 euros.
La défense du gérant
Entendu en 2022, Milko Mimouni conteste la fraude. Il a affirmé avoir prêté sa carte Metro à des tiers pour des achats, et a signalé que sa carte avait été volée et bloquée dès le 28 août 2018. Par l'intermédiaire de son avocate, il a également fait valoir qu'il était aujourd'hui "ruiné" et malade. Me Bourgeon a plaidé la relaxe, soulignant un problème d'intentionnalité et des vérifications insuffisantes : "Il conteste avoir minoré la TVA. Il y a aussi un problème d'intentionnalité dans ce dossier. Pour les fêtards, le CKFé était une institution depuis plus de 30 ans à Nîmes. Les étudiants venaient y faire la fête. Beaucoup de monde passait et entrait sans payer. On est dans le sud. Et il a toujours dit qu'il avait bloqué sa carte chez Metro dès le 28 août 2018 car elle avait été volée. Milko Mimouni est très populaire et aime les gens. Dans ce dossier, il y a beaucoup d'a priori et toutes les vérifications n'ont pas été faites."
La décision du tribunal
La procureure adjointe a requis une peine de 20 000 euros d'amende. Le tribunal a suivi ces réquisitions, condamnant le gérant à une amende de 20 000 euros. Il devra également s'acquitter des sommes réclamées par le fisc. Cette affaire met en lumière les difficultés des établissements de nuit après la crise sanitaire et les contrôles fiscaux renforcés.



