Le gouvernement australien a annoncé ce samedi 27 juin 2026 qu'il allait doubler les amendes infligées aux plateformes de réseaux sociaux qui ne respectent pas l'interdiction d'accès aux mineurs de moins de 16 ans. Cette mesure, qui entre en vigueur immédiatement, porte le montant maximal des sanctions de 30 à 60 millions de dollars australiens (environ 37 millions d'euros).
Une décision prise après un bilan mitigé
Cette annonce fait suite à un rapport d'étape publié par le régulateur australien, l'eSafety Commissioner, qui a révélé que plusieurs grandes plateformes n'avaient pas pleinement mis en œuvre les mesures de vérification d'âge. Selon ce rapport, seulement 40 % des comptes de mineurs présumés ont été désactivés depuis l'entrée en vigueur de la loi en janvier 2026.
La ministre des Communications, Michelle Rowland, a déclaré lors d'une conférence de presse : "Nous ne tolérerons pas que les grandes entreprises technologiques mettent en danger nos enfants. Ces amendes plus lourdes envoient un message clair : respectez la loi ou payez le prix fort."
Des critiques sur l'efficacité du dispositif
La décision du gouvernement australien intervient dans un contexte de débat houleux sur l'efficacité de cette interdiction. Plusieurs associations de défense des droits numériques, comme la Digital Rights Coalition, ont critiqué la loi, estimant qu'elle est "disproportionnée et difficile à appliquer". Selon elles, les systèmes de vérification d'âge actuels sont trop intrusifs et peuvent être contournés facilement.
De leur côté, les plateformes comme Meta (propriétaire de Facebook et Instagram) et TikTok ont exprimé leurs réserves. Un porte-parole de Meta a indiqué que l'entreprise "continue de travailler avec le gouvernement australien pour trouver des solutions efficaces, mais s'inquiète des conséquences sur la vie privée des utilisateurs".
Un précédent mondial
L'Australie a été le premier pays au monde à adopter une interdiction totale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, en novembre 2025. Cette loi, entrée en vigueur en janvier 2026, impose aux plateformes de prendre "des mesures raisonnables" pour empêcher les mineurs de créer un compte. Les amendes initiales étaient déjà parmi les plus élevées au monde.
Depuis, plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont annoncé qu'ils étudiaient des mesures similaires. Le gouvernement australien espère que ce doublement des amendes incitera les plateformes à renforcer leurs systèmes de contrôle.
Un impact financier significatif
Les nouvelles amendes, qui peuvent atteindre 60 millions de dollars australiens, représentent une augmentation de 100 % par rapport au barème précédent. Pour les entreprises technologiques, cela pourrait représenter une part non négligeable de leur chiffre d'affaires en Australie. Selon des estimations du cabinet de conseil PwC, le marché publicitaire des réseaux sociaux en Australie pèse environ 3 milliards de dollars australiens par an.
Le gouvernement a également annoncé la mise en place d'une task force spéciale chargée de surveiller l'application de la loi et de réaliser des audits réguliers. Michelle Rowland a précisé : "Nous avons les moyens de faire respecter cette loi, et nous les utiliserons."



