Un restaurateur toulonnais engage une bataille judiciaire pour 3,2 millions d'euros
L'attribution des lots de restaurants et de plages du Mourillon à Toulon continue de générer des tensions persistantes depuis près de deux années. Au cœur de ce conflit, Christophe Charaut, restaurateur établi dans ce quartier balnéaire, a décidé de porter l'affaire devant la justice en réclamant une indemnisation substantielle à la municipalité.
Une succession d'événements conflictuels
Au printemps 2024, Christophe Charaut avait obtenu trois établissements après avoir répondu avec succès aux appels d'offres lancés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée. L'ouverture des deux premiers restaurants s'était déroulée sans encombre majeur, mais le troisième projet, concernant l'ancien restaurant La Source, a rapidement rencontré des difficultés importantes.
Le restaurateur attribue ces retards à un recours déposé devant le tribunal administratif, créant ainsi un blocage dans le processus d'ouverture. Face à cette situation, la mairie de Toulon, préoccupée par la fermeture prolongée d'un établissement dans une zone touristique stratégique, a pris une décision radicale en décembre 2024.
La résiliation du bail et ses conséquences
Lors d'un conseil municipal, les élus ont voté la résiliation de la convention d'occupation concernant La Source. La municipalité a justifié cette décision par « le manque de garanties financières » présenté par l'entrepreneur, ainsi que par divers autres manquements constatés.
Christophe Charaut s'était immédiatement défendu contre ces accusations, déclarant : « J'ai fourni les mêmes documents qu'à TPM lors de l'appel d'offres. Je ne comprends pas pourquoi ce qui fonctionne pour une collectivité coince avec l'autre. » Cette divergence d'interprétation administrative a créé le litige actuel.
Une demande d'indemnisation record
Le restaurateur a désormais décidé de passer à l'offensive en déposant une requête en indemnisation auprès du tribunal administratif de Toulon. Il réclame la somme de 3,2 millions d'euros à titre de dédommagement pour le préjudice subi.
« Nous n'avons même pas encore chiffré le préjudice moral et en image que cette affaire a entraîné », souligne Christophe Charaut, laissant entendre que le montant réclamé pourrait être revu à la hausse.
La position ferme de la municipalité
Face à cette action en justice, la mairie de Toulon a réagi par voie de communiqué, réaffirmant sa position : « En l'absence d'exploitation, et face à divers manquements, la ville a résilié la convention en décembre 2024. Cette décision n'a pas été contestée devant le tribunal administratif. Aujourd'hui, M. Charaut demande une indemnité pour un préjudice lié à la non-exploitation de La Source. La ville considère que sa demande est infondée. »
Ce différend illustre les tensions qui peuvent survenir entre les entrepreneurs et les collectivités territoriales dans le cadre de l'attribution de concessions commerciales, particulièrement dans des zones touristiques sensibles comme le littoral varois. L'affaire devrait maintenant suivre son cours devant la justice administrative, avec des enjeux financiers considérables pour les deux parties.



