La confiserie paloise Miot paralysée par le blocage du détroit d'Ormuz
Confitures bloquées à quai à cause du conflit au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient frappe une confiserie béarnaise

Alors que les tensions géopolitiques perturbent les flux pétroliers mondiaux, une entreprise artisanale française subit elle aussi les conséquences du blocage du détroit d'Ormuz. La maison Francis Miot, célèbre confiserie paloise réputée pour ses coucougnettes et ses confitures, se trouve dans une situation critique après l'immobilisation de sa marchandise destinée aux Émirats arabes unis.

Un développement international brutalement interrompu

Pour Jean Othax, PDG de l'entreprise familiale, l'impact économique de cette crise équivaut à « une deuxième pandémie ». « Notre développement en Orient est à l'arrêt complet », déplore-t-il depuis l'atelier de fabrication d'Uzos, dans l'agglomération de Pau. Le navire transportant dix palettes de confiseries et confitures, suivi de cinq supplémentaires, n'a jamais pu quitter le port du Havre en direction de Dubaï.

La situation s'est encore compliquée lorsque le client émirati, un grand palace de Dubaï, a annulé sa commande initiale de quinze palettes. « Les hôtels sont désormais vides à cause du conflit », explique Jean Othax. Pire encore, le client refuse de rembourser les frais d'acheminement jusqu'au Havre, obligeant la confiserie à rechercher des solutions alternatives.

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L'urgence de sauver les produits périssables

Face à cette impasse logistique, la maison Miot a lancé un appel à la solidarité pour écouler ses stocks de produits à date limite de consommation courte, notamment ses fameuses coucougnettes aux amandes. « L'appel a très bien fonctionné : nous avons presque réussi à tout vendre ! », se félicite le dirigeant. « Tout notre réseau professionnel s'est mobilisé, ainsi que de nombreux particuliers. Nous les remerçions chaleureusement. »

Reste maintenant le défi des confitures, dont la DLC est plus éloignée mais dont les volumes sont considérables :

  • 40 000 pots de 30 grammes
  • 1 500 pots de 220 grammes
  • 10 000 pots de 850 grammes

« Si les professionnels sont intéressés, c'est le moment d'agir ! », lance Jean Othax, conscient que ces stocks représentent une opportunité commerciale à saisir rapidement.

Une entreprise fragilisée par des crises successives

Cette nouvelle épreuve intervient à un moment particulièrement sensible pour la confiserie. Après avoir subi de plein fouet la crise Covid suite à d'importants investissements en 2019, l'entreprise avait dû faire face à un redressement judiciaire avant d'adopter un plan de continuation. Les difficultés économiques se sont accumulées :

  1. La facture d'électricité a triplé, passant de 60 000 à 180 000 euros annuels
  2. L'inflation sur le verre, principal contenant des confitures, a alourdi les coûts de production
  3. Le contrat avec Dubaï, représentant 50 000 euros de chiffre d'affaires mensuel, est aujourd'hui compromis

Jean Othax craint maintenant une réouverture du détroit d'Ormuz qui « pourrait ne pas intervenir avant septembre ». Un tel scénario entraînerait des pertes pouvant atteindre 400 000 euros pour l'entreprise. « Nous devrons nous déployer sur tous les fronts pour compenser ce manque à gagner », affirme le PDG, qui mise une nouvelle fois sur la solidarité des clients français pour surmonter cette épreuve.

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