Le pouvoir des mots de Donald Trump sur l'économie mondiale
Donald Trump démontre une fois de plus le pouvoir considérable de ses déclarations sur la scène internationale. Mardi, le président américain a annoncé que les États-Unis quitteraient l'Iran « très bientôt », dans « deux ou trois semaines », que ce soit avec ou sans accord. Cette position marque un changement significatif dans l'approche américaine au Moyen-Orient.
Une réaction immédiate des marchés asiatiques
Dès mercredi matin, les bourses asiatiques ont réagi avec enthousiasme aux déclarations du président américain. À Tokyo, l'indice Nikkei a bondi de 4,04% pour atteindre 53.128 points, tandis qu'à Séoul, le Kospi a enregistré une hausse spectaculaire de 6,62% à près de 5.387 points.
En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai a progressé de 1,42% et celui de Shenzhen a gagné 1,24%. À Hong Kong, l'indice Hang Seng a augmenté de 1,81%, et le Taiex de Taipei a affiché une hausse remarquable de 4,17%.
« Étant donné que des informations laissant entrevoir un cessez-le-feu ont été communiquées tant par les États-Unis que par l'Iran, le marché japonais devrait progresser », avait anticipé Tokai Tokyo Securities avant l'ouverture des marchés.
L'optimisme gagne l'Europe et les États-Unis
Les bourses européennes ont rapidement suivi le mouvement positif initié en Asie. À Francfort, le Dax progressait de 2,64% vers 09h30. À Paris, le CAC40 affichait une hausse de 2,26%, tout comme à Milan avec +2,77%. Londres, plus sensible aux fluctuations des majors pétrolières, progressait plus modérément à +1,72%.
« Le marché veut croire que Donald Trump est prêt à mettre fin à la guerre en Iran sous deux à trois semaines comme il l'a indiqué », analysent des experts de Natixis.
La vague d'optimisme a ensuite traversé l'Atlantique, où la Bourse de New York avait déjà terminé en nette hausse mardi : le Dow Jones a gagné 2,49%, le Nasdaq s'est envolé de 3,83% et l'indice élargi S&P 500 s'est octroyé 2,91%.
Les déclarations rassurantes du président iranien
Un élément clé de cette détente sur les marchés provient également des déclarations du président iranien Massoud Pezeshkian, qui a réclamé « les garanties nécessaires pour empêcher la répétition de l'agression ».
« Il s'agit de la première déclaration concrète émanant d'Iran qui semble fiable », estime Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
« La clé reste toutefois l'ouverture durable du détroit d'Ormuz, ainsi que la vulnérabilité des infrastructures énergétiques de la région, y compris au-delà du pétrole et du gaz », ajoutent les analystes de Natixis.
Impact sur les marchés pétroliers et de la dette
Les propos de Donald Trump ont eu un effet apaisant bien au-delà des marchés boursiers. Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, est repassé sous la barre des 100 dollars le baril pour la première fois depuis plusieurs semaines, à 99,14 dollars (-4,65%). Son homologue américain du WTI reculait également à 97,25 dollars le baril (-4,07%).
« Les prix du pétrole brut restent élevés et l'incertitude demeure quant à un possible regain d'escalade au Moyen-Orient », tempère Andreas Lipkow chez CMC Markets.
La détente se faisait également sentir sur le marché de la dette des États. Le taux d'intérêt des emprunts de l'Allemagne à dix ans repassait sous la barre des 3% pour la première fois depuis plusieurs jours (2,94%). Son équivalent français affichait un rendement de 3,62% sur dix ans, contre 3,72% la veille.
« Les perturbations dans le secteur de l'énergie se poursuivraient pendant plusieurs mois et devraient probablement peser à la fois sur l'inflation et sur la croissance économique », note Emma Wall, stratégiste en chef des investissements pour Hargreaves Lansdown.



