Moins de 20 minutes pour intervenir : les bombardiers d'eau de l'Hérault en action
Moins de 20 minutes pour intervenir : les bombardiers d'eau

Les trois avions bombardiers d'eau du département de l'Hérault, stationnés au Pélicandrome de Béziers Cap-d'Agde, sont officiellement engagés pour la saison estivale à compter de ce mardi 15 juillet. Loués par le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de l'Hérault, ces appareils sont déjà intervenus sur les incendies qui ont ravagé la région, notamment à Fabrègues et Castelnau-de-Guers. Ce dispositif, de plus en plus adopté par d'autres collectivités, permet une réactivité maximale face aux feux de forêt.

Un engagement officiel pour la saison estivale

Chaque année, le Pélicandrome ouvre officiellement ses portes à la mi-juillet pour la saison des feux. Cette année, les pilotes de la compagnie Aria, titulaire du marché public, sont en relation avec les pompiers depuis le 5 juillet. À partir du 15 juillet, les trois avions seront intégrés au dispositif opérationnel jusqu'au 15 septembre. Pierre Carlotti, le patron d'Aria, explique la sélection rigoureuse des pilotes : « Je recherche des pilotes multitâches, avec une variété de missions et d'expériences. »

Des pilotes préparés à des conditions difficiles

Les pilotes doivent faire face à plusieurs défis : l'intégration dans le dispositif lors d'un feu, la coordination avec les pompiers au sol et les avions de la Sécurité civile, ainsi que la gestion de trois radios simultanément. Pour se préparer, ils s'entraînent toute l'année avec un entraîneur de vol, répétant quasi quotidiennement des opérations tactiques et techniques. « Ça peut être très stressant », confie Pierre Carlotti.

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Un départ en urgence, mais dans le calme

Les pilotes David, Gilles et Bertrand, tous expérimentés, étaient en pleine discussion lorsque le téléphone de permanence a sonné. « Un départ de feu à Caux », annonce Gilles. David est le premier à partir. En moins de dix minutes, l'avion est rempli de près de trois tonnes d'eau, et David est prêt à décoller. Un avion commercial est même bloqué au sol pour laisser la priorité au bombardier d'eau.

Moins de vingt minutes pour intervenir

« Notre contrat est d'être sur n'importe quel point du département en moins de 20 minutes », explique Pierre Carlotti. Les avions ne peuvent pas être parqués avec les réservoirs pleins pour préserver les trains d'atterrissage, mais le remplissage prend moins de dix minutes lors des rotations normales. David arrive sur zone en moins de dix minutes. À la radio, il apprend que les pompiers ne sont pas encore sur place. Un opérateur du Sdis lui demande un largage d'opportunité. David choisit son angle, effectue un passage et largue l'eau. « Le feu est éteint, confirme-t-il. Les pompiers arrivent sur le chantier. »

Interventions sur les gros incendies

Depuis le 5 juillet, l'équipe a déjà effectué 16 heures 20 de vol et 18 largages, notamment sur les feux de Fabrègues et Castelnau-de-Guers. « C'était chaud bouillant », se souvient Gilles. Sur Castelnau-de-Guers, ils ont dû faire attention au vent et attaquer les flancs du feu avant le coucher du soleil. La tactique choisie par les coordinateurs du Sdis a été de projeter du retardant sur la végétation plutôt que d'arroser les flammes, car celles-ci étaient masquées par la fumée. « Taper là-dedans nous aurait mis en danger », explique Bertrand. Cette stratégie a permis de réduire la tête du feu et de le présenter aux pompiers de manière à ce qu'ils puissent le contenir. Résultat : 400 hectares de végétation détruits, mais de nombreux biens sauvés.

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