La Passem traverse la Gironde pour promouvoir l'occitan
La Passem en Gironde : une course pour l'occitan

Pour la première fois, la Passem parcourt la Gironde, mercredi 6 et jeudi 7 mai. La course passe notamment par Langon, où la transmission de la langue n’est pas un vain mot puisque près de 200 élèves y apprennent l’occitan.

Un engouement pour la langue occitane

« Ça fait du monde, hein ? » Patrick Lespès affiche un sourire béat en balayant du regard l’espace Claude-Nougaro, à Langon, mardi 5 mai en fin de journée. Sous ses yeux, des dizaines de gamins s’ébrouent bruyamment. Des dizaines de gamins qui ont en commun d’apprendre l’occitan à l’école. Une vision d’espoir pour celui qui a œuvré d’arrache-pied pour faire monter pour la première fois la Passem, une course faisant la promotion de la langue régionale, en Gironde, mercredi 6 et jeudi 7 mai. Le relais passe notamment par Langon, la commune comptant le plus d’élèves en classes bilingues du département. Fait encore plus notable, c’est l’une des rares communes, et la seule en Gironde, où il est possible de suivre l’ensemble de sa scolarité dans le public, de la maternelle à la terminale, dans une classe bilingue – même si le nombre d’heures en occitan s’étiole au collège et plus encore au lycée.

Un bagage culturel transmis aux élèves

Une spécificité locale qui tient d’abord à la volonté d’un couple d’enseignants ayant impulsé le mouvement qui a pris forme dans les années 2010. La première cohorte d’élèves bilingues est cette année en classe de seconde, au lycée Jean-Moulin. Ils font partie des 154 élèves de la filière bilingue français et occitan à Langon, à additionner aux 22 lycéens ayant choisi l’option occitan.

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« Cette langue est partout dans le territoire, dans la toponymie, les élèves sont imprégnés de ça », explique Laure Abadie, qui enseigne en classe de maternelle à l’école Anne-Franck, où les enfants suivent un cursus à parité horaire en français et en occitan. « Une langue, il y a tout un bagage autour. Notre enseignement permet de soulever ça, et c’est ce qui fait que ça marche. C’est ici en fait », appuie Alban Garros, qui enseigne l’histoire-géographie en occitan au collège et récupère également les bilingues et ceux choisissant l’option occitan au lycée.

Un pont entre générations

L’enseignant poursuit : « La langue est porteuse d’histoire, c’est un moyen de sortir du roman national et de complexifier l’histoire. Ça explique beaucoup de choses sur notre pays. » Ses collègues de primaire voient dans l’enseignement bilingue un premier bénéfice plus direct, celui de faire gagner en capacité d’apprentissage des enfants habitués à la gymnastique du bilinguisme. « Ça apprend aussi à mieux connaître le français, ils font un tressage des langues », analyse Laure Abadie.

Ils créent aussi un pont avec l’histoire de leurs aïeux, sur lequel grimpent leurs parents. « J’ai entendu mes grands-parents parler occitan, ça renvoie à un souvenir d’enfance », confie Constance Favaro, présidente de Leng’oc-bi et mère d’un élève scolarisé en classe bilingue. « Mon fils le parle beaucoup mieux que moi. Il a une sorte de fierté de savoir quelque chose que l’on ne sait pas. »

Par l’occitan, les enseignantes retissent ainsi le lien au territoire, au patrimoine et aux histoires familiales. « La transmission de la culture et de la langue se fait beaucoup par le chant et la danse », ajoute Élodie Pondé, qui a une classe de CM1 et CM2 à l’école Saint-Exupéry. Une culture qui « fédère le groupe » selon Laure Abadie et qui imprime de plus en plus dans la cour, où les échanges en occitan entre élèves résonnent de nouveau même si « le français y reste la langue dominante », deux tiers des élèves n’étant pas en classe bilingue. Élodie Pondé les encourage : « Tira ta lenga e parla occita. »

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Le programme de la Passem en Gironde

De nombreux événements émaillent le passage de la Passem. Jeudi 7 mai, après une entrée en Gironde la veille par le Réolais à 22 heures et un passage par Langon au cœur de la nuit, le relais est attendu à 8 heures place de la cathédrale, à Bazas, où il sera accueilli par la maire Isabelle Dexpert et les échassiers. À Bernos-Beaulac, où la Passem est attendue autour de 10 heures, une démonstration de gemmage en gascon aura lieu à 14 heures, suivie d’une conférence sur les instruments de musique traditionnelle au foyer rural, une initiation aux danses traditionnelles à 16 h 30, une auberge espagnole à 19 heures puis un bal traditionnel animé par les Baladoucs à 21 heures. À Préchac, les enfants des classes bilingues de Langon et de la calendreta de la Dauna à Pessac tiendront un relais le long de l’allée du château à 11 heures avant que d’autres enfants, des classes bilingues de Bègles et de l’école du bourg, n’assurent un autre relais dans la commune à 11 h 30. À Captieux, la Passem sera célébrée par une chorale gasconne à 14 heures, tandis que ce seront encore des écoliers qui accompagneront la course jusque dans les Landes à Giscos à 15 heures.