Planter des arbres, c’est un projet d’avenir : telle est la conviction des frères Buonomo du Domaine de la Coste à Frontignan, malgré la perte de 900 arbres sur les 4000 plantés en novembre 2021. Cinq ans après la création d’une forêt labellisée bas carbone, le domaine viticole envisage de replanter pour compenser les pertes dues aux sécheresses de 2022 et 2023.
Un projet ambitieux malgré les obstacles
Au Domaine de la Coste, 900 des 4000 arbres plantés n’ont pas survécu aux sécheresses successives. Cette mortalité, qui a principalement touché les feuillus, n’a pas entamé la détermination de la famille Buonomo. Benjamin et son frère Sébastien, qui dirigent ce domaine de 50 hectares dont 30 en production, poursuivent leur aventure forestière.
Réseau Esperense : premiers résultats prometteurs
Le dispositif Réseau Esperense teste les essences capables de résister en contexte méditerranéen difficile. « L’autre intérêt, spécifique au Domaine de la Coste, est qu’il se situe dans une zone non classique pour une forêt, en plaine avec une pluviométrie basse », explique Olivier Gleizes du CNPF. Après trois saisons de végétation, le taux de survie global est de 68 % dans les carrés d’expérimentation et de 60 % sur l’ensemble de la parcelle.
- Résineux : pin brutia (90 %), cyprès de Provence (83 %), cèdre du Liban (80 %), pin parasol (73 %).
- Feuillus : micocoulier (84 %), cormier (63 %), chêne pubescent (34 %), chêne chevelu (30 %).
Ce projet de foresterie, mené avec le Centre national de la propriété forestière (CNPF), ne génère aucun bénéfice économique ou agronomique pour l’exploitation, mais représente une charge de travail supplémentaire. L’investissement initial de 30 000 € a été couvert à 40 % par le domaine, le reste par La Poste dans le cadre d’un programme de compensation carbone.
Un tournant écologique et stratégique
Pour Benjamin Buonomo, « ce projet apporte un bénéfice global à l’échelle collective. Nous voulons participer à la construction du futur face au changement climatique. Planter des arbres, c’est un projet d’avenir. En rendant une partie de nos parcelles à la nature, on participe à la régénération des sols. » Ce virage écologique s’inscrit dans une transformation plus large : face à la baisse de la consommation de vin et aux difficultés avec la grande distribution, les frères Buonomo ont abandonné leur cave particulière en 2021 pour une cave coopérative. Dix hectares de vignes en fin de cycle ont été arrachés, et 20 autres suivront. L’agroforesterie a d’abord été envisagée, puis écartée au profit de la foresterie, jugée plus impactante pour la biodiversité, l’ombrage et la réduction des intrants.
Replanter pour l’avenir
Conformément au protocole du CNPF, 4000 arbres ont été plantés sur 5 hectares, répartis en huit essences. Aujourd’hui, les frères Buonomo souhaitent replanter les 900 arbres perdus en ne retenant que les essences résistantes. Le coût est estimé à 10 000 €. Ils espèrent un nouveau soutien de La Poste. « En nous accompagnant de nouveau, elle pourra atteindre son objectif de 700 tonnes de CO2 compensées sur 30 ans », plaide Benjamin Buonomo. Olivier Gleizes confirme : « On essaie de voir si La Poste peut prendre en charge ce financement. Une visite est prévue à l’automne. »



