Un rapport scientifique au cœur d'une bataille politique sur les pesticides
La proposition de loi dite « Duplomb 2 », portée par le sénateur Laurent Duplomb (Haute-Loire, Les Républicains), suscite une vive controverse. Ce texte vise à réintroduire temporairement l'acétamipride et la flupyradifurone, deux substances apparentées aux néonicotinoïdes, ces insecticides controversés pour leur impact sur la biodiversité.
Une caution scientifique contestée
Pour étayer son initiative, le sénateur s'appuie sur un rapport de l'Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), rendu à l'automne 2025. Commandé par le ministère de l'Agriculture, ce document étudiait les alternatives aux néonicotinoïdes pour six filières agricoles spécifiques : betterave, noisette, cerise, pomme, figue et navet.
Lors de l'Assemblée générale des agriculteurs de la FDSEA du Bas-Rhin, à Kurtzenhouse le 15 janvier 2026, Laurent Duplomb a présenté ce rapport comme une validation scientifique de sa proposition. Pourtant, l'Inrae dénonce fermement cette instrumentalisation. L'organisme de recherche rappelle que ses conclusions ne font pas état de réelles « impasses techniques » justifiant un retour aux néonicotinoïdes.
Une polémique qui divise jusqu'au sein de la recherche
Le cadrage de l'expertise et certaines formulations employées dans le rapport semblent toutefois laisser une porte entrouverte à un retour temporaire de ces pesticides. Cette ambiguïté alimente une polémique intense, qui dépasse les cercles politiques pour gagner les rangs mêmes des chercheurs.
La situation est d'autant plus tendue que la pétition contestant la première proposition de loi Duplomb devait être débattue à l'Assemblée nationale mercredi 11 février 2026. Ce calendrier serré ajoute une pression supplémentaire sur un dossier déjà hautement sensible, à la croisée des enjeux agricoles, environnementaux et économiques.
Les agriculteurs, confrontés à des défis de protection des cultures, suivent de près ces développements, tandis que les défenseurs de l'environnement alertent sur les risques d'un recul dans la lutte contre le déclin des pollinisateurs. L'affaire illustre les tensions persistantes entre impératifs de production et nécessité de transition agroécologique.