Dordogne : un ancien directeur d'Epidor propose de renforcer les instances existantes
Dordogne : renforcer les instances existantes plutôt qu'un Parlement

Après l'appel lancé par douze personnalités pour instaurer un Parlement de la Dordogne, l'ancien directeur de l'Établissement public territorial du bassin de la Dordogne (Epidor) appelle plutôt à réinvestir les structures qui existent. Guy Pustelnik, professionnel averti des milieux aquatiques, a tenu à s'exprimer suite à cet appel relayé dans un livre publié par les Éditions du Ruisseau.

Un partage de préoccupations mais un désaccord sur la méthode

En préambule, Guy Pustelnik assure qu'il « partage évidemment le souci des initiateurs sur la nécessité de travailler à la sauvegarde de la Dordogne, ce qu'il fait depuis plus de quarante ans ». S'il comprend la colère face à un « sentiment de confiscation du débat public et d'un fonctionnement institutionnel parfois jugé opaque », il s'interroge sur la pertinence de créer une instance supplémentaire.

L'ancien ingénieur au Conseil supérieur de la pêche, chargé de la restauration des poissons migrateurs dès 1978 puis directeur d'Epidor de 1991 à 2018, estime que la concertation existe déjà, notamment depuis 1991.

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La charte de la Dordogne : un document fondateur

Guy Pustelnik fait référence à la charte de la Dordogne, document fondateur. En 1992, plus de 3 000 personnes originaires des six départements traversés par la rivière s'étaient réunies pour un sommet « Vallée Dordogne » à Bergerac, au terme d'une année de concertations. Signée par tous les acteurs concernés (chasseurs, pêcheurs, agriculteurs, industriels, professionnels du tourisme, élus et administrations), la charte avait permis de recenser tous les problèmes relatifs à l'eau et aux milieux aquatiques, aboutissant à 370 consensus et à la recherche de solutions multiples.

Ce cadre de référence a été remis à jour une décennie plus tard à Libourne lors d'États généraux de la Dordogne, puis à nouveau à Bergerac en 2012. Entre-temps, en 2008, le conseil d'administration d'Epidor avait engagé une candidature du bassin de la Dordogne auprès de l'Unesco au titre du programme Homme et biosphère, aboutissant en 2012 à un classement en Réserve mondiale de biosphère.

Une gouvernance à plusieurs strates

Ces dernières décennies ont vu la mise en place d'un système de gouvernance sur différentes strates. Au sommet se trouve le comité de bassin Adour Garonne, une assemblée politique jouant le rôle de Parlement de l'eau sur le territoire. À l'échelon inférieur, huit commissions territoriales, dont celle de la Dordogne, ont été créées. Enfin, à l'échelle du sous-bassin hydrographique de la Dordogne, quatre Schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) existent, élaborés par les Commissions locales de l'eau (CLE) comprenant des représentants de l'État, des collectivités locales et des usagers.

Parmi ces Sage (Isle-Dronne, Dordogne Atlantique, Dordogne Amont et Vézère-Corrèze), seul le premier est mis en œuvre. Epidor porte les trois premiers, tandis que le Conseil départemental de la Corrèze gère le dernier.

Des lacunes dans l'implication des citoyens

Guy Pustelnik reconnaît que « pollution diffuse, effets des politiques agricoles nationales, artificialisation, continuité écologique, santé des milieux et des populations : tous les problèmes sont identifiés, l'objectif est de mettre en place des solutions négociées ». Il se demande incidemment « où un Parlement de l'eau pourrait trouver sa place pour résoudre ces questions de fond ? » Il concède néanmoins que la lacune des CLE est « l'implication des gens : on voit toujours les mêmes ».

Il appelle donc les acteurs à « contribuer aux dispositifs existants et à peser dans les décisions ». Un nouvel acteur est apparu récemment avec les intercommunalités, chargées depuis 2018 de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations (Gemapi). Un Parlement de la Dordogne qui se tournerait vers un versant artistique ou culturel trouverait davantage grâce à ses yeux.

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