Diversification agricole en Charente : une réponse aux mutations du secteur
Face aux mutations profondes du secteur agricole, des exploitants de Fouquebrune et de Passirac en Charente explorent activement des pistes de diversification, notamment à travers l'oléiculture en haie fruitière et l'engraissement bovin. Cette démarche stratégique vise à renforcer la résilience des exploitations confrontées aux aléas climatiques, aux tensions économiques et à l'évolution des pratiques agricoles.
Une matinée dédiée à la diversification
La diversification agricole était au cœur d'une matinée organisée mi-mars par la Chambre d'agriculture de la Charente, en partenariat avec la Communauté de communes des 4B. Cet événement, inscrit dans le dispositif Cap Agri, avait pour objectif principal de faire découvrir aux agriculteurs deux filières en pleine évolution : l'oléiculture en haie fruitière et l'engraissement bovin. Les participants ont pu observer des projets concrets portés localement, illustrant comment diversifier son activité devient un levier essentiel pour sécuriser l'avenir des exploitations.
L'oléiculture : une culture émergente en Charente
La première étape de cette rencontre s'est déroulée à Fouquebrune, sur l'exploitation de Laëtitia Plumat, présidente de la Chambre d'agriculture. Le groupe a pu découvrir l'oléiculture en haie fruitière, une culture encore émergente en Charente mais qui suscite un intérêt croissant parmi les agriculteurs. Cette approche innovante représente une opportunité de diversification pour les exploitations cherchant à élargir leur palette de productions.
L'engraissement bovin : un modèle qui évolue
Le groupe s'est ensuite rendu à Passirac, chez Jérémie Boudeau. Installé depuis 2022, cet agriculteur a transformé son exploitation céréalière de 198 hectares en intégrant un atelier d'engraissement bovin. Il a abandonné son activité de naisseur pour accueillir des broutards à engraisser. « Je gère mieux mon temps et ma vie de famille », souligne-t-il avec satisfaction. Son premier lot de 40 jeunes bovins, arrivé en décembre, nécessite moins d'une heure de travail quotidien, démontrant l'efficacité de ce nouveau modèle.
Un partenariat stratégique avec la coopérative Corali
Ce changement de cap a été rendu possible grâce à un partenariat solide avec la coopérative Corali, qui fournit les animaux et sécurise les prix via un contrat. « Les cours ont fortement augmenté ces dernières années », rappelle Laurent Vigneron, directeur adjoint de la coopérative, qui mise sur le développement de petits ateliers. Cette stratégie vise à relocaliser la valeur ajoutée, alors que les broutards partaient auparavant à l'étranger pour être engraissés.
Maintenir un tissu agricole vivant
Pour les acteurs du territoire, l'enjeu dépasse la simple diversification économique. « Sans éleveurs, ce sont des paysages et une économie locale qui disparaissent », alerte Jacques Chabot, président de la Communauté de communes des 4B. Dans ce contexte, la diversification apparaît comme une réponse concrète pour accompagner les agriculteurs vers des modèles plus durables et sécurisés, tout en préservant le tissu agricole local.
La rencontre a mis en lumière comment l'oléiculture et l'engraissement bovin peuvent constituer des alternatives viables pour les exploitants cherchant à adapter leur activité aux nouvelles réalités du secteur agricole. Ces initiatives démontrent que la diversification n'est pas seulement une stratégie de survie, mais bien une voie d'avenir pour des exploitations plus résilientes et ancrées dans leur territoire.



