Le chanvre du Libournais double ses surfaces et prépare une unité de transformation
Chanvre du Libournais : surfaces doublées, unité de transformation en projet

L'association Chanvre du Libournais accélère son développement avec un doublement des surfaces et un projet d'unité de transformation

Portée par une trentaine d'acteurs réunis en assemblée générale à Moulon, l'association Chanvre du Libournais confirme son essor spectaculaire. Sur fond de diversification agricole, les surfaces cultivées doublent et le projet annoncé d'une unité de transformation structure déjà la filière de manière significative.

Une croissance rapide et des objectifs dépassés

Jeudi 9 avril, à Moulon, l'assemblée générale de l'association Chanvre du Libournais a démontré qu'en à peine un an d'existence, la jeune structure a déjà changé d'échelle de manière remarquable. Dans la salle communale, une trentaine de personnes ont répondu présent, incluant des agriculteurs installés, de nouveaux venus et divers partenaires, tous désireux de prendre la mesure d'un projet qui s'accélère visiblement.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes avec une évolution impressionnante. L'objectif initial fixé pour 2025 est déjà largement dépassé. « On avait envisagé 20 hectares, ce sont 40 hectares qui vont être semés », souligne avec fierté la présidente, Fabienne Krier. Cette progression notable est portée par de nouvelles adhésions, notamment en Sud-Gironde, ce qui élargit considérablement le périmètre d'action. « Aujourd'hui, ça couvre large », résume-t-elle sobrement.

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La diversification agricole comme moteur principal

Cette dynamique positive repose d'abord sur un besoin pressant de diversification, en lien direct avec la crise viticole mais pas uniquement. Face aux difficultés persistantes des cultures traditionnelles, de nombreux agriculteurs cherchent activement des alternatives viables. « Il faut essayer de nouvelles choses, on n'a pas le choix », confie Johann Cadillon, qui cultive notamment des céréales.

Selon lui, « Le chanvre a sa place dans notre rotation de culture. De toute façon, pour se diversifier, il faut tenter de nouvelles aventures ». Cette approche pragmatique illustre bien la nécessité économique qui pousse vers l'innovation agricole.

Structurer une filière locale avec une unité de défibrage

Mais le cœur du projet reste indéniablement la structuration d'une filière locale complète et performante. L'association travaille activement à la création d'une unité de défibrage, indispensable pour transformer la plante de manière efficace. Sans cette infrastructure cruciale, la rentabilité reste compromise. « Tant que l'unité n'est pas lancée, économiquement ça ne rapporte rien », poursuit le nouvel adhérent avec réalisme.

L'objectif est clairement défini : trouver un lieu d'implantation approprié d'ici 2026. « C'est un objectif qu'on s'est fixé, on veut savoir où on va poser l'unité de défibrage pour après travailler sur le projet », insiste Fabienne Krier avec détermination. Le modèle économique est déjà soigneusement réfléchi, avec un seuil de viabilité établi autour de 80 hectares, et une cible affichée à 100 hectares minimum pour assurer la pérennité.

Plusieurs sites sont actuellement à l'étude, dont Maransin, avec des besoins techniques importants. « Il nous faut un bâtiment d'au moins 1 000 m², avec du stockage adapté et de la puissance électrique suffisante », détaille la présidente avec précision.

Une phase transitoire soutenue par la solidarité collective

En attendant la concrétisation de cette unité, la filière avance avec les moyens disponibles, faisant preuve d'adaptabilité. La solidarité entre producteurs et la mutualisation du matériel caractérisent cette phase transitoire. « Aujourd'hui, on met tous de l'argent mais on n'a pas encore gagné un sou », rappelle Fabienne Krier avec franchise, soulignant l'investissement nécessaire avant les bénéfices.

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Malgré cet aspect, le projet suscite déjà un intérêt croissant. Des acteurs locaux se positionnent progressivement, notamment dans le secteur du bâtiment. « Une fois l'unité lancée, ça peut être très rentable », estime un viticulteur qui a arraché 18 hectares, montrant ainsi la confiance dans cette nouvelle orientation. D'autres agriculteurs, originaires de divers endroits en Gironde, prennent contact régulièrement, preuve tangible d'un besoin, d'une envie et d'une attente réelle sur le territoire.

L'accompagnement essentiel de la Chambre d'agriculture

Soutenue de manière significative par la Chambre d'agriculture, l'association bénéficie d'un accompagnement jugé absolument essentiel pour son développement. « Sans elle, on ne peut pas avancer », souligne la présidente avec conviction, mettant en lumière l'importance des partenariats institutionnels.

À Moulon, cette assemblée générale marque véritablement un cap décisif : celui d'un projet qui s'ancre durablement dans le territoire et commence à structurer une filière complète à l'échelle locale, prometteuse pour l'avenir agricole de la région.