Disons-le tout net : Jean-Michel Blanquer est sans doute la personnalité la plus détestée par les amoureux des langues dites régionales. En cause : son long séjour au ministère de l’Éducation nationale, de 2017 à 2022, où il a multiplié les mesures à leur encontre. À son actif ? Une diminution de leur attractivité au baccalauréat, qui a entraîné une chute drastique des effectifs au lycée. Et surtout, une opposition résolue à la loi du député régionaliste Paul Molac, votée il y a cinq ans, en avril 2021. Cette opposition s’est réitérée récemment par une attaque virulente contre l’enseignement de la langue corse.
L’ancien ministre a en effet critiqué ouvertement les dispositifs d’enseignement bilingue en Corse, les jugeant contraires à l’unité nationale. Selon lui, ces programmes favoriseraient un communautarisme linguistique préjudiciable à la cohésion républicaine. Ces déclarations ont suscité l’indignation des défenseurs des langues régionales, qui y voient une nouvelle tentative de marginalisation de ces idiomes.
Un bilan contesté
Le passage de Jean-Michel Blanquer rue de Grenelle a laissé des traces. La réforme du baccalauréat a notamment réduit le coefficient des options de langues régionales, ce qui a provoqué une baisse significative des inscriptions. Les associations de promotion de ces langues dénoncent une politique systématique d’affaiblissement, en contradiction avec les engagements internationaux de la France en faveur de la diversité culturelle.
La loi Molac, un combat inachevé
Adoptée en avril 2021, la loi Molac visait à renforcer l’enseignement immersif des langues régionales. Cependant, elle a été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, saisi par le gouvernement. Jean-Michel Blanquer avait alors plaidé pour une interprétation restrictive du texte, limitant la portée de l’immersion linguistique. Les partisans de la loi estiment que cette censure a vidé le texte de sa substance, freinant ainsi la transmission des langues comme le breton, l’alsacien ou l’occitan.
Aujourd’hui, l’avenir des langues régionales reste incertain. Malgré une mobilisation citoyenne et des avancées législatives, l’opposition de personnalités comme Jean-Michel Blanquer continue de peser sur les politiques éducatives.



