Alpages : les bergers refusent de payer pour travailler
Alpages : bergers refusent de payer pour travailler

Dans les alpages, la profession de berger est en pleine mutation. Alors que l'image romantique du gardien de troupeaux perchés sur les sommets persiste, la réalité est bien plus sombre. De nombreux bergers dénoncent aujourd'hui des conditions de travail de plus en plus difficiles, et surtout le fait de devoir payer pour travailler.

Un métier qui coûte cher

« Aujourd'hui, on paie pour travailler », s'insurge Jean-Pierre, berger dans le massif des Bauges depuis vingt ans. Entre l'achat du matériel, les frais de déplacement, et parfois même la location des alpages, les bergers voient leurs revenus fondre comme neige au soleil. « On gagne à peine de quoi vivre, et encore, si on compte bien, on est souvent en déficit », ajoute-t-il.

Des charges qui s'accumulent

Les bergers doivent faire face à de nombreuses dépenses : l'équipement (tentes, batteries, panneaux solaires), la nourriture, les soins vétérinaires pour les animaux, sans oublier les frais de transport. « Avant, on avait des aides, mais elles ont diminué. Maintenant, on nous demande même de payer pour l'accès aux pâturages », explique Marie, bergère dans le Queyras.

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Une profession en crise

Le syndicat des bergers tire la sonnette d'alarme. « La profession est en danger. On recrute de moins en moins, car les conditions sont devenues intenables », déclare son porte-parole. Les jeunes hésitent à se lancer, effrayés par la précarité et l'isolement. « On ne veut plus passer pour des moutons », clament les bergers, bien décidés à se faire entendre.

Des revendications claires

Les bergers réclament une revalorisation de leur statut et de leurs salaires, ainsi qu'une simplification des démarches administratives. Ils demandent également un meilleur accès aux soins et à la formation. « Nous ne demandons pas la lune, juste de pouvoir vivre dignement de notre travail », insiste le syndicat.

Un avenir incertain

Face à cette situation, certains envisagent de quitter la profession. « C'est triste, mais je pense que je vais devoir changer de métier. Je ne peux plus continuer comme ça », confie Jean-Pierre. Pourtant, l'importance des alpages pour la biodiversité et la production fromagère est cruciale. « Sans bergers, nos montagnes perdraient leur identité », alerte un éleveur.

Les pouvoirs publics sont interpellés. Des discussions sont en cours avec le ministère de l'Agriculture pour trouver des solutions. En attendant, les bergers continuent de monter à l'alpage, mais avec l'amertume de devoir payer pour exercer une passion qui devrait être un métier d'avenir.

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