Laetitia Gonzalbes présente « Cactus » au Festival Off d'Avignon avec Karina Testa
Laetitia Gonzalbes : « Cactus » au Festival Off d'Avignon

Publicité De son enfance azuréenne au Festival d'Avignon : Laetitia Gonzalbes présente « Cactus » avec la comédienne moliérisée Karina Testa. L'autrice et metteuse en scène azuréenne présente sa nouvelle création au Festival Off d'Avignon. Une pièce audacieuse, qui revisite le mythe de Cendrillon pour mieux déconstruire les clichés sur la figure de la belle-mère. À l'affiche de cette création, une autre Azuréenne récemment moliérisée : Karina Testa.

Enregistrer Partager A.H Aurore Harrouis CRÉÉ LE 15 juin 2026 • 15:00 MIS À JOUR LE 15 juin 2026 • 15:00

La pièce « Cactus » est interprétée par Iman Kerroua et Karina Testa. Blandine Vives réservé aux abonnés Voir nos offres

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des collines azuréennes aux planches du Festival d'Avignon, il y a un fil rouge que Laetitia Gonzalbes n'a jamais rompu : celui de la liberté. L'autrice et metteuse en scène, qui a grandi entre Tourrettes-sur-Loup, Vence et Cagnes-sur-Mer, présentera du 4 au 25 juillet Cactus à La Factory, l'un des lieux emblématiques du Off du célèbre festival. Une création née de son expérience intime de belle-mère mais qui dépasse largement le cadre autobiographique pour interroger les rôles que la société impose à chacun.

Ancienne championne de France de gymnastique rythmique qu'elle exerçait au sein de l'AISA (Association intercommunale sportive et artistique) de Sylvie Le Marrec, passée par les cours de danse de Madame Schneider à Vence puis par l'École supérieure de danse Serge-Alzetta à Nice, la jeune Azuréenne rêvait alors davantage de mouvement que de théâtre. « Même si je séchais les cours pour aller voir des films au Festival de Cannes ! », dit celle qui monte ses premiers spectacles alors qu'elle est au collège de la Sine à Vence. « Je suis arrivée à Paris par amour », raconte-t-elle aujourd'hui avec le sourire. « Mais la Côte d'Azur reste ma région de cœur. Elle me nourrit beaucoup. La lumière, les paysages… Quand j'en parle, j'ai l'impression d'avoir grandi dans un film de Pagnol. Il y a ici une poésie, une simplicité et une grâce qui m'inspirent toujours. »

Déconstruire la figure de la marâtre

Après avoir créé sa compagnie, KABUKI, à Paris et développé de nombreux projets artistiques engagés - rendant l'Anna Karénine de Tolstoï amoureuse d'une femme, travaillant autour d'Erik Satie, de Charles Péguy ou encore des sœurs Tatin - elle revient avec Cactus, une pièce qui prend pour point de départ une figure souvent caricaturée : celle de la belle-mère, de la marâtre.

Laetitia Gonzalbes Blandine Vives / Blandine Vives

Le titre lui-même n'a pas été choisi au hasard. « Ça vient du fait que le cactus boule est aussi appelé coussin de belle-mère. Ca paraît agressif, mais le cactus possède aussi une immense capacité de résistance », explique-t-elle. « C'est une plante qui survit dans des conditions extrêmes. Je trouvais que cela racontait parfaitement ce personnage. »

Car derrière la comédie se cache une réflexion plus profonde sur les familles recomposées et les places assignées à chacun. Devenue elle-même belle-mère, Laetitia Gonzalbes s'est retrouvée confrontée à des injonctions qui l'ont poussée à écrire. « On me demandait constamment de rester à ma place. Mais quelle place ? Il n'existe pratiquement aucun statut pour les beaux-parents en France. La belle-mère reste une figure très mal vue. Pourtant, un enfant n'a besoin que d'une chose : être aimé du plus grand nombre de personnes possible. »

De cette colère initiale est née une réflexion plus universelle. « La belle-mère est devenue un prétexte pour parler de tous les rôles dans lesquels on nous enferme. À l'école, dans la famille, dans le couple ou dans la société, on nous attribue une place. Notre travail consiste ensuite à écrire notre propre cadre et à nous émanciper. »

Donner enfin la parole à la « méchante » de Cendrillon

View this post on Instagram

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Pour porter ce propos, la metteuse en scène, qui a choisi de travailler avec l'Antiboise moliérisée Karina Testa - « j'ai écrit le rôle pour elle, elle est vraiment le personnage. Elle est belle-mère, elle aussi. Et on a un gros feeling, toutes les deux » -, s'appuie sur l'imaginaire du conte. Cactus revisite ainsi l'histoire de Cendrillon, mais du point de vue de celle que Charles Perrault avait désignée comme la méchante. « Cette fois, la belle-mère ne veut plus être la méchante. Comment fait-elle ? Comment réagissent les autres personnages ?, résume-t-elle. Perrault décide que cette femme est horrible et jalouse. Mais si on lui donnait enfin la parole ? »

L'affiche du spectacle

Une manière aussi d'inviter le public à prendre du recul sur les récits tout faits. Un thème qui résonnera particulièrement auprès des jeunes générations. « Aujourd'hui plus que jamais, c'est important d'apprendre à questionner les récits plutôt que de les accepter comme des vérités absolues. »

De la scène avignonnaise à un retour espéré dans le Sud

Humour noir, personnages volontairement poussés vers la caricature, travail corporel hérité de son parcours de danseuse : Laetitia Gonzalbes mêle, dans son Cactus, les disciplines pour mieux faire passer son message.

à lire aussi Philippe Katerine, Hofesh Shechter et Ariane Ascaride... La salle de spectacle Scène 55 de Mougins dévoile sa programmation 2026/2027

« Le but, c'est que les spectateurs s'amusent. Et peut-être aussi qu'ils se soignent un peu à travers ce qui se passe sur scène. »

À Avignon, elle espère surtout provoquer la rencontre. « Mon festival rêvé, c'est de passer mes journées à discuter avec les spectateurs après les représentations. J'adore ces moments où l'on partage nos expériences et où l'on essaie de comprendre ensemble ce qui nous traverse. »

Et après Avignon ? L'artiste nourrit un autre rêve : présenter un jour Cactus sur la Côte d'Azur, la terre qui l'a vue grandir. Une façon de revenir là où tout a commencé.

Enregistrer Partager sur le même thème: Théâtre La comédienne niçoise Élise Clary face à l'infanticide dans une pièce adaptée d'un roman de Véronique Olmi au Festival de tragédies de Nice, avant Marseille et Toulon Nice Théâtre Vous aimez la commedia dell'arte ? A Nice, un festival lui est consacré du 5 au 18 juin Carros Théâtre Ce spectacle adapté d'un succès américain, à voir bientôt à Cannes, fait du tabou de la ménopause une comédie musicale Le Cannet Théâtre « Dès lors qu'ils jouent, ils ne sont plus des patients atteints de psychose, ils deviennent des comédiens » : malades et soignants ensemble sur la scène à Antibes Antibes Théâtre Le festival Mai en scène met encore le théâtre amateur à l'honneur à Toulon Toulon Théâtre « Je sais enfin reconnaître quand une blague est mauvaise ! » : après la cérémonie des Molières, Alex Vizorek est en stand-up à Anthea et à Toulon Antibes Théâtre « Le théâtre est fait pour nourrir la pensée » : rencontre avec Éliane Laurenci-Obrecht derrière la programmation du festival de théâtre amateur Mai en scène Toulon Théâtre Une dernière soirée théâtre sans fausse note à Montauroux Montauroux Théâtre Publicité Revenir en haut