Nikos Aliagas révèle l'origine de sa passion pour la photographie et son exposition sur le grand âge
Nikos Aliagas : la photo, une passion née en 1979 et une exposition sur le temps

Nikos Aliagas : une passion photographique née d'un héritage familial en 1979

La photographie constitue bien plus qu'un simple hobby pour Nikos Aliagas, elle représente une véritable vocation qui structure son existence. Ce que l'on ignore souvent, c'est que cet attachement remonte à plusieurs décennies, précisément à l'été 1979. « Je peux dater exactement le moment où je suis tombé amoureux de cet art. C'était durant l'été 1979 », confie l'animateur emblématique.

L'instant fondateur : une boîte de souvenirs en noir et blanc

Ce moment décisif reste gravé dans sa mémoire avec une précision remarquable. C'est lors de vacances à Missolonghi, le village d'origine de ses parents, que sa grand-mère lui remet une boîte remplie de photographies en noir et blanc. Nikos, alors âgé de dix ans, reste médusé devant ces images du passé.

« Quand ma grand-mère m'a nommé les personnes figurant sur ces tirages, j'ai compris que ces inconnus... je les connaissais tous en réalité. Simplement, le temps les avait tellement transformés que je ne les reconnaissais plus », explique-t-il avec émotion.

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Un rituel photographique ancré dans ses racines grecques

Cet épisode marque profondément le jeune garçon. « C'est ce jour-là que j'ai pressenti l'importance de fixer sur la pellicule les rencontres que la vie me réserverait », argumente-t-il. Équipé de son premier appareil Instamatic, il commence alors à immortaliser méthodiquement les personnes qui comptent pour lui.

Lorsqu'il reprend sérieusement la photographie au début des années 2000, c'est avec la même motivation fondamentale : « Résister au temps qui passe », résume-t-il succinctement. Après chaque interview télévisée, il sort souvent son objectif pour capturer le portrait de la personnalité qu'il vient de rencontrer.

Parmi les œuvres exposées, caractérisées par un noir et blanc fortement contrasté, figure un saisissant portrait de berger grec réalisé à Missolonghi. Chaque retour en Grèce s'accompagne d'un rituel immuable : il se rend systématiquement dans le champ d'oliviers adjacent à la ferme ancestrale.

« L'olivier le plus jeune a 300 ans, le plus ancien doit approcher le millénaire. Je les observe, je touche leurs troncs noueux. Je sais qu'ils étaient là avant moi et qu'ils y seront encore après. Cela me recentre », partage-t-il.

Une exposition qui interroge notre rapport au vieillissement

Né il y a deux ans, le projet d'exposition de ses portraits au Musée de l'Homme a naturellement évolué vers une réflexion approfondie sur le grand âge. « La manière dont nous appréhendons la place de nos aînés en dit long sur notre société », souligne Aurélie Clemente-Ruiz, directrice de l'institution.

Les images de Nikos Aliagas, qui mêlent portraits d'anonymes et de célébrités comme Pierre Soulages ou Micheline Pelletier-Decaux, ont retenu l'attention de Samuel Pavard, professeur au Muséum national d'histoire naturelle. Ce spécialiste en biodémographie étudie les déterminants biologiques, culturels, sociaux et environnementaux du vieillissement humain.

« Le regard sensible de Nikos croise à la fois une dimension artistique et anthropologique. Cette approche du grand âge permet d'aborder une grande variété de thèmes alors que la société modifie son regard sur cette population », observe-t-il.

Une transformation démographique spectaculaire

« Avec l'allongement de l'espérance de vie, nous devons repenser radicalement cette question », poursuit le scientifique, qui cite une statistique éloquente : la France comptait seulement 200 centenaires au début des années 1950 contre plus de 31 000 aujourd'hui.

Cette évolution démographique, conjuguée à l'amélioration de la prise en charge des seniors, a conduit les Nations unies à réviser la définition même du statut de personne âgée. Alors que les statistiques officielles classaient dans cette catégorie dès 60 ans dans les années 1970, le seuil a été relevé à 75 ans depuis 2024.

Trois thématiques pour comprendre les enjeux du vieillissement

L'exposition s'articule autour de trois axes principaux :

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  1. L'histoire naturelle de la vieillesse
  2. La vieillesse contemporaine, entre bien-vieillir et représentations négatives
  3. Les perspectives futures pour les personnes âgées face aux crises climatiques et sanitaires

Le Musée de l'Homme, qui a accueilli plus de 250 000 visiteurs l'an dernier grâce à ses expositions sur les migrations, espère attirer un nouveau public avec cette collaboration. « Nous souhaitons séduire un public jeune qui ne nous connaît pas encore, ainsi que des seniors intéressés par une thématique qui les concerne directement », conclut Aurélie Clemente-Ruiz.

Les Grands Âges, exposition de Nikos Aliagas et Samuel Pavard au Musée de l'Homme à Paris, se poursuit jusqu'au 3 janvier 2027.