Les voix du passé minier renaissent grâce à un projet de transmission intergénérationnelle
Ce 8 avril, à la Maison du mineur de La Grand-Combe, un projet ambitieux de transmission de la mémoire s'est officiellement mis en place. Initié par l'association Mémoires vivantes du Gard, cette démarche vise à recueillir les paroles rares des témoins de l'histoire minière locale, avec une approche résolument intergénérationnelle.
Une méthode militante pour préserver la mémoire
Représentée par l'historienne Francine Cabane, l'association prolonge un premier travail consacré aux témoignages des bombardements de 1944 à Nîmes. Une méthode se dessine, presque militante, qui consiste à former des jeunes aux techniques de l'entretien pour aller chercher la parole de ceux qui ont vécu l'histoire directement.
Plusieurs figures emblématiques sont appelées à participer activement à ce projet :
- René Doussière, président des Amis du musée
- Alain Tassera, mineur retraité et syndicaliste
- Marc Laforêt, réalisateur spécialisé dans les documentaires historiques
Ces personnalités livreront leurs témoignages précieux et accompagneront les jeunes dans ce travail de transmission essentiel.
Les lycéens sur les traces des grandes grèves de 1948
Dans le cadre de ce projet, les lycéens du lycée Prévert de Saint-Christol-lez-Alès iront sur les traces des grandes grèves de 1948 qui ont marqué les mines de La Grand-Combe et d'Alès. Cette initiative pédagogique a plusieurs objectifs fondamentaux :
- Interroger les silences qui entourent cette période historique
- Comprendre comment cette histoire, parfois douloureuse, s'est transmise ou s'est effacée au fil des générations
- Remettre les jeunes face à ce passé social qui a profondément façonné le territoire gardois
Une contribution précieuse aux archives départementales
Les témoignages recueillis dans le cadre de ce projet viendront nourrir les Archives départementales du Gard, qui sont actuellement engagées dans la préparation d'une exposition consacrée à l'histoire minière régionale. Cette collaboration entre l'association, les établissements scolaires et les institutions patrimoniales représente une approche innovante pour préserver la mémoire collective.
Ce projet de transmission intergénérationnelle s'inscrit dans une démarche plus large de valorisation du patrimoine industriel et social du Gard. En formant les jeunes générations aux techniques de collecte de témoignages, l'association Mémoires vivantes du Gard assure non seulement la préservation de la mémoire, mais aussi sa transmission vivante aux citoyens de demain.



