Panthéonisation de Marc Bloch : la famille exclut l'extrême droite de la cérémonie
Panthéonisation de Marc Bloch : l'extrême droite exclue

En novembre 2024, lors d'un discours solennel prononcé à Strasbourg pour commémorer les 80 ans de la libération de la capitale alsacienne, le président Emmanuel Macron a officiellement annoncé la panthéonisation de Marc Bloch. Cette décision honorifique a été motivée par son œuvre intellectuelle majeure, son enseignement influent et son courage exceptionnel durant la Seconde Guerre mondiale.

Un hommage présidentiel appuyé

Dans son allocution, le chef de l'État a longuement salué les qualités remarquables de l'historien. Il a notamment évoqué sa lucidité cinglante qui continue de nous frapper aujourd'hui encore, son audace des mots et des idées doublée d'un courage physique indéniable et sa volonté française inébranlable, manifeste jusqu'à son dernier souffle, jusqu'à son assassinat par la Gestapo. Ces propos ont souligné l'importance symbolique de cette panthéonisation dans le paysage mémoriel français.

Parcours d'un intellectuel engagé

Marc Bloch, issu d'une famille juive alsacienne, a marqué le monde académique en tant que professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Strasbourg de 1919 à 1936. Il a profondément renouvelé le champ de la recherche historique en l'étendant à des disciplines connexes telles que :

  • La sociologie
  • La géographie
  • La psychologie
  • L'économie

Son approche interdisciplinaire a jeté les bases d'une historiographie moderne et influente.

Engagement militaire et résistance

Vétéran de la Première Guerre mondiale, où il a servi comme capitaine et a été décoré de la Croix de guerre, Marc Bloch a été de nouveau mobilisé en 1939. Au tournant des années 1942-1943, il s'est engagé activement dans la Résistance, démontrant un patriotisme sans faille face à l'occupation nazie.

Auteur de L'Étrange Défaite, un essai critique écrit en 1940 et publié après la guerre, il a été arrêté par les forces allemandes à Lyon le 8 mars 1944. Emprisonné et torturé à la prison de Montluc, il a finalement été fusillé le 16 juin 1944 avec vingt-neuf de ses camarades résistants.

Une cérémonie reportée et sous conditions

Initialement, la date du 16 juin avait été pressentie pour son entrée au Panthéon, coïncidant avec l'anniversaire de son exécution. Cependant, la cérémonie a dû être décalée de quelques jours en raison du sommet du G7, qui se tiendra à Évian-les-Bains en Haute-Savoie du 15 au 17 juin 2025, entraînant des contraintes logistiques et sécuritaires.

La demande ferme de la famille

Dans une lettre adressée au président de la République et consultée par l'Agence France-Presse, la famille de Marc Bloch a formulé une requête explicite. Elle a demandé que l'extrême droite, sous toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie de panthéonisation. Cette demande reflète une volonté de préserver la mémoire de l'historien des récupérations politiques, notamment de la part de mouvements dont les idéologies contredisent les valeurs qu'il a défendues.

Cette exclusion symbolique souligne les tensions mémorielles persistantes en France et rappelle l'engagement antifasciste de Marc Bloch, dont l'héritage intellectuel et moral reste d'une actualité brûlante.