Navire archéologique Alfred-Merlin : une vitrine technologique à Cannes
Navire Alfred-Merlin : archéologie sous-marine de pointe à Cannes

Pour les Journées européennes de l'archéologie, dimanche 14 juin 2026, le navire d'exploration archéologique Alfred-Merlin, affecté au service du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), a été présenté au public à Cannes, au port Canto. Une occasion rarissime de découvrir ce bateau unique.

Un navire conçu pour l'archéologie sous-marine

Long de quarante-six mètres pour dix mètres de large, l'Alfred-Merlin est un très beau navire, présenté au grand public dimanche 14 juin 2026 au port Canto, à Cannes, pour les Journées européennes de l'archéologie. Acquis par le Drassm, service rattaché au ministère de la Culture, en 2021, le navire est construit en résine composite avec une structure en carbone, ce qui le rend particulièrement léger et économe en carburant. « Il a été conçu spécifiquement comme un outil dédié à l'archéologie sous-marine », indique le capitaine, Thibault Testud. Le bateau porte le nom d'« un des pères fondateurs de l'archéologie sous-marine », Alfred Merlin, qui a notamment mené des recherches en Tunisie, de 1907 à 1913, sur une épave au large de la ville de Mahdia.

Une extrême stabilité

À bord, la technologie est de pointe. « D'une simple pression sur un bouton, l'ordinateur de bord prend le contrôle et maintient le navire en position fixe, exactement à la verticale des fouilles en cours, sans avoir besoin de jeter l'ancre », explique le capitaine. L'absence d'hélice classique à l'arrière supprime, par ailleurs, tout risque pour les plongeurs lors de leur mise à l'eau. Ce bijou et ses équipements ont coûté à l'État, en totalité, près de 16 millions d'euros.

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Préparer les opérations

Les archéologues, les photographes, les techniciens et le capitaine échangent dans le quartier général avant et après chaque plongée. Chaque site peut être repéré grâce à la photogrammétrie, qui consiste à prendre des milliers de photos pour créer des modèles 3D précis des épaves, ou à la cartographie sous-marine. Le navire est équipé d'un sondeur multifaisceaux, qui permet de cartographier les fonds marins et de détecter d'éventuels reliefs anormaux.

Des robots précieux

Au-delà de 50 mètres de profondeur, les temps de palier de décompression rendent les plongées humaines trop courtes pour être efficaces lors de fouilles archéologiques. Deux robots sous-marins, Hilarion et Arthur, prennent alors le relais. « Le premier peut descendre à 500 mètres de profondeur, tandis que le second peut atteindre 2 500 mètres », souligne Thibault Testud. Ils sont pilotés à distance depuis le PC robotique, à l'aide d'un joystick.

Préserver les vestiges

Les équipes d'archéologues prennent en charge les objets — vaisselle, amphores, etc. — dès leur remontée à la surface afin de les « stabiliser », notamment au grand dépôt régional d'Aix-les-Milles. L'opération est délicate : « Lors du séchage, le sel cristallise et peut fracturer les céramiques », illustre Valentina Porcheddu, archéologue responsable du dépôt. Les vestiges trop dégradés, ou pire, pillés comme ce fut le cas à Cannes en 2022 au pied du Fort Royal au large de l'île Sainte-Marguerite, risquent alors de faire perdre de précieuses informations aux chercheurs.

Un plongeur passionné

Découvreur de deux épaves au large d'Hyères (Var), Bernard Pasqualini est passionné d'archéologie et de plongée depuis plus de cinquante ans. Il participe ainsi, à titre bénévole, à certains projets du Drassm. « Le travail archéologique sous-marin est très méthodique, explique-t-il en présentant chaque outil. On ne se contente pas de creuser un trou au hasard. Nous matérialisons des zones de fouille de 2 mètres sur 2 et descendons couche par couche », jusqu'à, parfois, cinquante mètres de fond !

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