Le Liban a officiellement porté plainte auprès des Nations Unies, accusant Israël d'avoir pulvérisé du glyphosate, un herbicide controversé, le long de leur frontière commune. Beyrouth dénonce une violation de la souveraineté et une menace pour l'environnement et la santé des populations locales.
Une plainte formelle auprès de l'ONU
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib, a annoncé avoir saisi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ainsi que le Conseil de sécurité, dénonçant des « actes hostiles » de la part d'Israël. Selon Beyrouth, des drones israéliens auraient survolé la zone frontalière pour y déverser du glyphosate, un produit classé comme « cancérogène probable » par l'Organisation mondiale de la santé.
Des conséquences environnementales et sanitaires
Les autorités libanaises affirment que cette pulvérisation a déjà causé des dommages à l'agriculture locale et à la biodiversité. Des échantillons de sol et d'eau ont été prélevés pour analyse. Le glyphosate est interdit dans plusieurs pays en raison de ses risques pour la santé. Le Liban demande une enquête internationale indépendante.
Israël rejette les accusations
De son côté, l'armée israélienne a démenti toute utilisation de glyphosate à la frontière, qualifiant les allégations de « infondées ». Jérusalem accuse le Hezbollah, mouvement chiite libanais, de chercher à détourner l'attention de ses propres activités illégales dans la zone.
Un contexte de tensions croissantes
Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions récurrentes entre les deux pays, toujours officiellement en état de guerre. La frontière est régulièrement le théâtre d'incidents. L'utilisation de produits chimiques pourrait constituer une escalade. La communauté internationale appelle à la retenue et à une résolution pacifique du différend.
Le Liban a également annoncé son intention de porter l'affaire devant d'autres instances internationales, notamment le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE). Beyrouth espère ainsi obtenir des mesures concrètes pour protéger ses citoyens et son environnement.
L'ONG Greenpeace a exprimé son inquiétude, soulignant que l'utilisation d'herbicides dans des zones frontalières pourrait avoir des conséquences transfrontalières. Elle appelle à une enquête approfondie et à la mise en place de mécanismes de prévention.
Cette affaire pourrait raviver le débat sur l'utilisation du glyphosate dans le monde. Alors que certains pays l'ont interdit, d'autres continuent de l'autoriser sous conditions. L'Union européenne doit se prononcer prochainement sur le renouvellement de sa licence pour cet herbicide.



