Dans les années 1870, la Principauté de Monaco dépendait largement du tourisme et du casino pour ses finances publiques. Les historiens estiment qu'entre 1870 et la Belle Époque, les revenus du casino représentaient plus de quatre cinquièmes des recettes publiques, parfois la quasi-totalité. Les touristes étaient considérés comme des bienfaiteurs, et les journaux locaux, notamment le Journal de Monaco, prodiguaient des conseils pour leur bien-être, parfois étonnants pour le lecteur moderne.
Des conseils contre la chaleur en 1871
Le Journal de Monaco du 23 juillet 1871 publiait des recommandations pour lutter contre la chaleur estivale. Il conseillait de ne pas consommer de boissons fraîches en trop grande quantité, affirmant que « l'eau pure est nuisible ; il faut la couper avec de l'eau-de-vie, à raison d'un litre d'eau-de-vie pour vingt litres d'eau ». Il suggérait également l'usage de café froid, de piquette ou de vin étendu d'eau. En cas de coup de chaleur, il fallait soustraire le malade au soleil, appliquer des linges mouillés sur la tête, et prendre des bains de pieds chauds ou envelopper les pieds dans des linges imbibés d'eau chaude salée. Pour les coups de soleil avec fièvre, on recommandait une pâte de farine délayée dans l'eau ou de la graisse douce non salée.
Les travaux de l'été 1881
L'été était aussi une période de travaux pour préparer la saison hivernale, plus fréquentée. Le Journal de Monaco du 19 juillet 1881 énumérait les chantiers en cours : la cathédrale, l'église Saint-Charles, l'abattoir, le musée, le pensionnat des Dames de Saint-Maur et l'école communale des filles. La cathédrale, sous la direction de l'architecte Lenormand, progressait rapidement, mais les sculptures retardaient la construction. L'église Saint-Charles était plus avancée : les corniches et arcs doubleaux étaient posés, la charpente en cours, et les voûtes d'arête allaient commencer.
La balade des gens heureux en 1891
Le 21 juillet 1891, le quotidien parisien Le Figaro publiait un reportage enthousiaste sur Monaco, louant la vie heureuse des Monégasques. Il décrivait le prince Albert Ier comme un souverain passionné par l'océanographie : « Il aime la science d'un amour véritable, qui ne laisse pas place pour une heure d'ennui. (...) son vrai royaume, ce n'est pas Monaco, c'est la mer. » Le prince était présenté comme un pionnier de l'océanographie, explorant les abysses à bord de ses navires.
Les déplacements du Prince en 1911
Le Journal de Monaco du 25 juillet 1911 relatait le départ du prince Albert Ier pour une campagne océanographique à bord de l'Hirondelle, un navire de 1 600 tonnes jaugeant, équipé de deux machines développant 2 200 chevaux, de télégraphie sans fil et de tout le nécessaire pour la navigation moderne. L'équipage scientifique comprenait notamment J. Richard, directeur du Musée océanographique de Monaco, et le docteur Louët. Les Monégasques suivaient avec attention les voyages de leur prince, qui incarnait le lien entre la Principauté et la mer.



