Le Festival d'Avignon 2026 s'annonce d'ores et déjà comme un événement majeur avec l'annonce de la programmation de Julien Gosselin, metteur en scène reconnu pour ses adaptations audacieuses. Il présentera une nouvelle création inspirée des Chants de Maldoror de Lautréamont, œuvre phare du surréalisme. Cette pièce, intitulée Maldoror, sera donnée en ouverture du festival, du 4 au 16 juillet, dans la Cour d'honneur du Palais des Papes.
Une adaptation attendue
Julien Gosselin, connu pour ses mises en scène de textes complexes comme 2666 de Roberto Bolaño, s'attaque cette fois à un monument de la poésie française. Les Chants de Maldoror, publiés entre 1868 et 1869, sont un long poème en prose qui explore les thèmes de la révolte, du mal et de la métamorphose. Gosselin promet une mise en scène immersive, mêlant théâtre, vidéo et musique. Selon le metteur en scène, cité par le festival : « Maldoror est un cri, une déflagration poétique qui résonne encore aujourd'hui. Nous voulons créer une expérience sensorielle totale. »
Un festival sous le signe de l'innovation
Cette annonce s'inscrit dans la volonté du directeur du festival, Tiago Rodrigues, de renouveler le théâtre contemporain. L'édition 2026 comptera une trentaine de spectacles, dont plusieurs créations mondiales. Le budget alloué à cette édition est de 12 millions d'euros, soit une augmentation de 8 % par rapport à 2025, selon les chiffres communiqués par l'organisation. Parmi les autres temps forts, on note la présence de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker et du dramaturge Milo Rau.
Les défis techniques de la Cour d'honneur
La mise en scène de Gosselin nécessitera des aménagements techniques importants dans la Cour d'honneur. Un écran géant de 20 mètres de large sera installé, ainsi qu'un système de son surround. Les répétitions débuteront en mai 2026. Le festival prévoit 10 000 places disponibles pour les représentations de Maldoror, avec des tarifs allant de 15 à 60 euros. La billetterie ouvre le 1er mars 2026.
Un impact culturel et économique
Le Festival d'Avignon attire chaque année plus de 100 000 spectateurs, générant des retombées économiques estimées à 30 millions d'euros pour la région. L'édition 2026 devrait confirmer cette tendance. Les professionnels du secteur attendent avec impatience cette adaptation, qui pourrait marquer un tournant dans la carrière de Julien Gosselin. Comme le souligne un critique de théâtre interrogé par Libération : « Gosselin a le génie de rendre accessibles des textes réputés difficiles. Son Maldoror sera sans doute l'un des événements de la décennie. »



