Le Louvre accusé d'être un 'État dans l'État' par une commission parlementaire
Le Louvre, un 'État dans l'État' selon une commission parlementaire

Le Louvre sous le feu des critiques parlementaires

Le musée du Louvre, déjà confronté à de multiples difficultés, fait face à de nouvelles accusations sévères. Jeudi 19 février 2026, les responsables d'une commission d'enquête parlementaire ont vivement critiqué l'institution, la qualifiant d''État dans l'État' au 'pilotage défaillant'. Cette commission, constituée début décembre 2025 suite au cambriolage du 19 octobre 2025, a annoncé qu'elle auditionnerait la semaine prochaine la présidente Laurence des Cars et la ministre de la Culture Rachida Dati.

Des défaillances systémiques mises en lumière

Lors d'une conférence de presse, le député LR Alexandre Portier, président de la commission d'enquête sur la sécurité des musées, a déclaré : 'Le vol du Louvre n'est pas un accident, il révèle des défaillances systémiques du musée' et 'un déni des risques'. Dressant un bilan à mi-parcours après plus de soixante-dix auditions, le député et le rapporteur Alexis Corbière (ex-LFI) ont sévèrement critiqué la gestion du Louvre, en proie à des turbulences depuis le vol de joyaux de la Couronne française et une série de récentes avaries.

Alexandre Portier a souligné que le Louvre fonctionnait comme s'il 'n'avait pas à rendre compte de la gestion de l'argent public', avec environ un tiers de son budget (soit 300 millions d'euros) provenant de fonds publics. Il a insisté sur l'urgence pour le ministère de la Culture de reprendre la main et d'instaurer un contrôle renforcé.

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La 'tempête' autour de la présidence

Alexis Corbière a également pointé du doigt l'existence d'une 'hyperprésidence' à la tête du Louvre, un phénomène qu'il estime absent dans les autres établissements culturels. Cette situation serait notamment responsable du report de la mise en œuvre d'un schéma directeur de sûreté. Alexandre Portier a promis des 'questions qui fâchent' lors de l'audition de Laurence des Cars prévue le mercredi 25 février 2026, tout en s'interrogeant sur son maintien en poste malgré la 'tempête' actuelle.

Le député a ajouté : 'Très clairement, il y a une liste de défaillances qui aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d'établissements à un départ depuis longtemps'. Rappelons qu'après le cambriolage, Laurence des Cars, nommée en 2021 par le président Emmanuel Macron, avait proposé sa démission, refusée à l'époque par la ministre de la Culture.

La tutelle ministérielle également mise en cause

Les deux députés ont également critiqué le rôle du ministère de la Culture, estimant qu'il avait insuffisamment joué son rôle de supervision. Alexandre Portier a déclaré : 'Très clairement, la tutelle, le ministère de la Culture, doit reprendre la main sur la gestion'. Il a dénoncé une 'dérive' des pouvoirs publics qui auraient privilégié 'l'éphémère, le festif, ce qui donne du rayonnement' au détriment de la sécurité et de la gestion rigoureuse.

La ministre de la Culture Rachida Dati, qui quitte le gouvernement pour briguer la mairie de Paris, devra s'expliquer devant la commission d'enquête le lundi 23 février 2026 dans l'après-midi.

Des œuvres cachées par mesure de sécurité

Alexis Corbière a déploré une consigne donnée au Louvre par la tutelle après le cambriolage : sortir des œuvres des espaces d'exposition. Depuis le 19 octobre 2025, 'des œuvres significatives sont souvent rangées dans les coffres-forts pour éviter qu'il y ait un cambriolage', a-t-il assuré. Cette mesure, bien que compréhensible, souligne les profondes inquiétudes concernant la sécurité du musée.

Par ailleurs, jeudi 19 février 2026, les personnels du Louvre, engagés depuis mi-décembre 2025 dans une mobilisation pour de meilleures conditions de travail, ont maintenu leur préavis de grève. La direction a indiqué que le musée avait 'ouvert partiellement', sans fournir de précisions supplémentaires. Cette situation ajoute une couche supplémentaire de complexité à la crise que traverse l'institution.

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